« Y’a qu’à » : l’arme des démagogues

Posté le 26 février 2014 à 14 h 50 min par odestre Commentaires fermés sur « Y’a qu’à » : l’arme des démagogues

En politique, il est nécessaire d’avoir des idées pour faire avancer les choses. Sans idées, il n’y a pas de place pour le progrès.

Toutefois, pour que la politique s’enrichisse de débats sur le fond, ces mêmes idées doivent avoir été mesurées, analysées, calibrées, adaptées en fonction des réalités régionales et infra-régionales et bien-sûr budgetisées.

Une idée qui ne fait pas montre de pragmatisme et de réflexion est nécessairement empreinte de démagogie, voire de mensonges. Non, il n’est pas possible de mobiliser 250 milliards d’euros dont 80% via le privé, autour d’un projet.

Évidemment, de tels projets donnent bien sur le papier et laissent rêveur…

Ils laissent la place à l’imagination et esquissent les contours d’une situation idéale.

Malheureusement, une fois confrontés aux réalités, ces projets s’effondrent bien souvent d’eux-mêmes.

Ce phénomène du « y’a qu’à », particulièrement fréquent en période de campagne électorale, peut d’ailleurs être illustré avec le projet du cdh d’implanter des villes nouvelles ; le cas particulier de « La Louvière-la-Neuve » est d’ailleurs éclairant.

L’idée qui, peut-être, pourrait sembler séduisante de prime abord se révèle être très mauvaise, une fois mise en perspective avec les réalités louviéroises.

Cela ne ferait que ruiner plus encore une Wallonie surendettée ; c’est impossible à financer ; cela conduirait à tuer les commerce de La Louvière, cela ne tient pas compte des projets locaux (La Strada) qui répondent déjà à la question du logement ; cela fait fi des investissements européens engagés sur ces territoires et qu’il faudrait rembourser ; cela ne s’insère même pas dans le cadre des instruments wallons gérés notamment par le CDH depuis 10 ans.

Plutôt que de céder aux sirènes du « y’a qu’à » et de lancer des idées totalement déconnectées des réalités, construites du haut de tours d’ivoire, il faut tabler sur la crédibilité et la rigueur.

Les Wallons ne sont pas dupes de théories farfelues et de la gestion à la petite semaine ; ils en sont hélas coutumiers depuis 10 ans.

Au MR, nous refusons cette méthodologie, nous ne voulons pas présenter aux citoyens des mesures aussi tape à l’œil qu’abracadabrantes car irréalisables ; nous voulons du concret !

Ainsi, notre ambition de créer un électrochoc fiscal destiné à instaurer un climat propice au développement des PME et de l’emploi est chiffré et budgetisé. 5 milliards déduits d’un effet retour de 30%, soit 3,5 milliards sur 5 ans; ce n’est pas irréaliste si l’on compare cela à l’effort budgétaire de 22 milliards réalisé en cours de législature, soit 2 ans et demi.

Le « y’a qu’à » n’est pas un argument valable à nos yeux car c’est celui des démagogues ; les Wallons et les Wallonnes valent mieux que cela, ils méritent un discours vérité  et c’est précisément ce que propose le Mouvement Réformateur !

Les commentaires sont clos.