WalWin : Ma réponse aux problèmes de financement des entreprises

Posté le 11 mars 2015 à 12 h 22 min par odestre 1 Commentaire

Depuis de nombreuses années, les PME font face à des difficultés de financement. Classiquement, une entreprise qui voulait investir dans l’amélioration ou l’entretien de son outil, dans l’extension de son secteur d’activité ou encore dans l’augmentation de son personnel se tournait vers un organisme bancaire afin d’obtenir un prêt.

La crise étant passée par là, les banques sont de plus en plus frileuses dans l’octroi des prêts en particulier aux PME, qu’elles considèrent comme présentant un facteur de risque trop important.

Malheureusement, ce faisant, les difficultés de financement conduisent les entreprises à ne plus pouvoir réaliser les investissements nécessaires. Or, dans le monde de l’entreprise, qui dit stagnation dit à terme pertes de parts de marchés et donc difficultés plus importantes.

Ce besoin de financement est par conséquent un facteur clé dans la santé, la stabilité des entreprises et donc de l’emploi.

Partant du constat que les banques ne jouent plus leur rôle mais également que l’épargne privée en Belgique atteint des montants astronomiques (250 milliards d’euros selon la banque Nationale), j’ai mené une réflexion afin de mettre en place des moyens alternatifs de financement des entreprises.

En la matière, j’ai l’intime conviction que le crowdfunding est un outil qui peut être utile. Dans cette perspective, en tant que Président de la Commission du Budget, j’ai programmé une série d’auditions sur le sujet qui permettra aux acteurs de terrain de faire valoir leur expérience et leurs besoins.

Par ailleurs, j’ai déposé une proposition de décret portant création des prêts WalWin. Il s’agit d’un mécanisme, type « tante Agathe » qui permet au citoyen de mobiliser son épargne de prêter à une entreprise, moyennant un avantage fiscal.

Le prêt, d’un montant maximal de 50 000€/prêteur, donne droit  d’une part à des intérêts sur le prêt à un taux qui ne peut excéder le taux d’intérêt légal et d’autre part à un crédit d’impôt de 2% du montant prêté.

Autrement dit, si je réalise un investissement WalWin de 50 000€, un crédit d’impôt de 1000€ me sera octroyé pour la durée du prêt.

Afin de garantir la sécurité de l’investissement, le prêt est couvert à hauteur de 25% du montant prêté par la Région Wallonne. Dès lors, si l’entreprise fait faillite et est incapable de rembourser le prêt, 25% du montant prêté me sera restitué en une fois, via un crédit d’impôt.

25% c’est peu mais la conjoncture économique et les finances publiques ne permettent malheureusement pas d’envisager un pourcentage plus élevé sans prendre des risques inconsidérés.

Où est l’avantage pour la Région ?

Il s’agit tout simplement de fortifier nos PME. Plus nos PME seront solides et se développeront, plus elles seront à même d’embaucher et mieux la Région se portera.

J’ai la conviction que ce prêt WalWin apporte une réponse sérieuse au besoin de financement des entreprises via une mobilisation de l’épargne privée de proximité. Avec cet outil, il sera plus facile de convaincre un proche (famille, ami, voisin, …) d’investir.

Pour l’investisseur, outre la garantie qu’il ne perdra pas tout en cas d’échec de l’investissement, le taux d’intérêt combiné au crédit d’impôt permettent de valoriser son épargne à un taux plus attractif que celui du compte épargne classique.

J’ai demandé la prise en considération de ma proposition de décret en séance plénière. Celle-ci a été renvoyée en Commission afin d’être discutée prochainement.

1 Commentaire sur "WalWin : Ma réponse aux problèmes de financement des entreprises"

  1. Maxime Delaen · le ·

    Bonne initiative mais 2% de crédit d’impôt me parait assez faible comparativement à d’autres produits financiers qui présentent un risque important (sauf si ce crédit est appliquable pour toute la durée du prêt, si celui-ci est de 3 ans, alors 3*2%). Il est important aussi de peut-être incentiver les gens à la réussite des projets qu’ils soutiennent et avoir un taux fixe + un return variable en fonction de l’activité? Bon principe mais les garanties ne sont soit pas assez elevées par rapport au risque, soit le crédit d’impôt ne justifie pas l’attractivité du produit (par rapport à d’autres comme la bourse).

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