Une confusion des genres qui coute cher

Posté le 17 décembre 2014 à 16 h 08 min par odestre Commentaires fermés sur Une confusion des genres qui coute cher

480 millions € : c’est le coût estimé de la grève nationale du 15 décembre. Un chiffre qui ne tient même pas compte des trois lundis précédents de grèves tournantes.

Le plan d’action mis en place par les syndicats et tout particulièrement par la FGTB coute donc extrêmement cher aux entreprises et aux citoyens et ne permet pas la moindre avancée.

J’ai la conviction que le FGTB s’est trompée de costume puisqu’elle mène un véritable combat politique et non plus un combat syndical.

L’ordre des choses voudrait que le combat politique soit livré par l’opposition, sur les bancs du Parlement fédéral et qu’en parallèle, des négociations soient menées au sein du groupe des 10 afin que les partenaires sociaux dégagent des compromis sur les modalités d’exécution et pas sur la substance même des mesures.

Ces mesures présentées dans la déclaration de politique générale ont reçu le soutien démocratique nécessaire à leur mise en œuvre. Fort de cet appui, il est évident que le Gouvernement ne fera pas marche arrière puisqu’il a été mis en place pour prendre les décisions qui lui incombent et pour faire preuve de responsabilités.

Le Gouvernement fédéral ne reviendra pas sur le saut d’index dont les fédérations patronales et les organisations internationales saluent la mise en place. Il ne reviendra pas non plus sur le principe de l’allongement des carrières ; un point vital pour la viabilité de la sécurité sociale.

En revanche, l’exécutif est prêt à discuter avec les syndicats sur les modalités d’application de ces décisions ; ce qui en soit est déjà un chantier plus qu’important.

Au cours de ces dernières semaines, à l’image du PS, les syndicats sont tombés dans la démagogie et l’excès. Ils ont perdu de vue leur rôle ; perdu de vue la nécessité d’établir un dialogue ; perdu de vue que les avancées se concrétisent autour des tables de négociation et non pas dans la rue.

Seul un dialogue posé peut donner des résultats constructifs. Lorsque l’on empêche les gens d’aller travailler ; lorsqu’on les prive volontairement de ce droit ; lorsqu’on recourt à ce moyen ultime de protestation avant même d’avoir discuté, on se discrédite.

On se discrédite aussi lorsque l’on fait preuve de violence. L’exemple du comportement inqualifiable de la secrétaire régionale du SETCa Namur a marqué les esprits et est symptomatique de la mentalité de certains syndicats.

Non contente d’user de violence, de recourir à la menace, elle l’assume face caméra, minimise les faits et ne comprend même pas où se situe le problème.

Ce syndicalisme archaïque qui recourt à des méthodes quasi mafieuses (menaces et violence) ne peut souffrir la contradiction. C’est le dictat de la pensée unique.

Dans ces conditions et avec un secrétaire général de la FGTB qui, face aux images, justifie le comportement de sa secrétaire régionale, j’ai peine à voir le syndicat socialiste comme un interlocuteur responsable qui veut faire avancer les choses démocratiquement et de manière responsable.

Je suis pour un syndicalisme ouvert, un syndicalisme de dialogue et de responsabilité. En revanche, je ne cache pas mon irritation et ma colère face à ce syndicalisme politique, excessif, violent et qui entrave les libertés fondamentales.

Si certains syndicats ne font pas preuve d’un sens des responsabilités plus aigu, alors leur crédibilité sera définitivement entachée et la majorité silencieuse des citoyens qui n’adhèrent pas à leur attitude sortira de ses gonds.

C’est évidemment le pire cas de figure possible mais il ne tient qu’aux syndicats de changer leur fusil d’épaule.

L’économie et les citoyens ne peuvent se permettre de perdre encore des centaines de millions d’euros. La main tendue par le Gouvernement fédéral doit être rapidement saisie par les syndicats.

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