Sidérurgie: stop à la concurrence entre les bassins

Posté le 29 janvier 2013 à 12 h 35 min par odestre Commentaires fermés sur Sidérurgie: stop à la concurrence entre les bassins

 Je l’ai dit, je le répète, il faut unifier les efforts à tous les niveaux pour pouvoir apporter des solutions structurelles aux problèmes que rencontre l’industrie sidérurgique dans notre pays. Je vois donc d’un œil extrêmement positif la constitution d’une task force. C’est un premier pas en faveur duquel je plaide depuis des mois. Il faut désormais enclencher la vitesse supérieure et apporter des solutions.

Manifestement et je le regrette, sur les dossiers sidérurgiques, le Gouvernement wallon continue d’appliquer la politique de l’autruche et s’enterre la tête dans le sable.

Il ne semble pas avoir défini de stratégie et ne réagit qu’à chaud, toujours lorsqu’il est trop tard et que le drame s’est produit. L’Olivier n’apprend pas de ses erreurs et sa focalisation sur le dossier liégeois indique en suffisance qu’il agit en tant que pompier et pas comme une coalition porteuse d’un réel projet politique.

Loin de moi l’idée de mésestimer la catastrophe qui frappe le bassin liégeois, je pense simplement qu’il faut aller de l’avant et ne plus réfléchir au cas par cas, mais au travers d’une réflexion globale portant sur l‘ensemble des bassins.

Que constatons nous aujourd’hui ? Liège occulte les dossiers louviérois et carolos. Ces deux dossiers ont ils évolué ? Non. L’avenir semble t-il plus rose qu’à Liège ? Non. Y’a t-il des risques pour qu’une situation identique à celle d’Arcelor-Mittal se produise à Charleroi et à La Louvière ? Malheureusement oui. Le Gouvernement wallon en tient il compte ? Non…

A La louvière aussi les usines sidérurgiques font face à d’importantes difficultés. A La Louvière aussi des milliers d’emplois sont en jeu. Pourtant, je ne vois pas autant d’efforts déployés par le Ministre Marcourt pour venir au secours de la sidérurgie hainuyère. Les origines liégeoises du ministre jouent elles un rôle ? Sans vouloir polémiquer, je m’interroge.

Attend-on aussi qu’il soit trop tard pour La Louvière ? Je le crains.

Trop tard, deux mots dont le Gouvernement Wallon a fait sa devise. S’il avait agi depuis son entrée en fonction avec plus de consistance et de pro activité, nous n’en serions pas là aujourd’hui.

Je pense que La Louvière mérite autant d’attention que Liège. Je ne demande donc pas une réduction des efforts engagés à Liège, loin de là. Ce que je demande ce sont des efforts identiques pour tous les bassins sidérurgiques.

Il est temps que le Gouvernement wallon fasse preuve d’un peu plus de clairvoyance et anticipe l’évolution des choses. En Allemagne, en 1998, la sidérurgie était moribonde. Depuis, les autorités ont mis en place une réflexion poussée en concertation avec les partenaires sociaux ; ce qui a permis à l’acier allemand de se redresser. Aujourd’hui, malgré la crise, ils enregistrent d’importants bénéfices.

Pourquoi le Gouvernement wallon se montre t-il incapable d’agir avec autant de fermeté, de pugnacité et de stratégie ? Tout ce que je vois pour l’heure, c’est un Gouvernement qui passe à la caisse pour tenter d’apaiser le courroux légitime des travailleurs dont on vole l’emploi.

Je suis triste de constater que les Wallons ne disposent pas des dirigeants qu’ils mériteraient ; de dirigeants à même d’apporter les réponses qu’ils sont en droit d’attendre d’eux.

Rongé par ses dissensions internes, l’Olivier est bien malade, rien ne semble pouvoir le sauver et cela se répercute négativement sur les citoyens, à mon plus grand regret.

Ce 29 janvier, l’opposition écolo m’a interpellé sur le sujet au cours du Conseil communal. J’ai ainsi pu confirmer la volonté du Collège louviérois de peser sur le débat afin que la task force constituée du pouvoir fédéral et régional élargisse sa réflexion à l’ensemble des bassins sidérurgiques.

J’ai rappelé toute la nécessité de rester vigilant quant au devenir de la sidérurgie dans notre ville, mais j’ai aussi souligné qu’il ne fallait pas non plus sombrer dans un défaitisme aveugle. Il y a 15 ans, la sidérurgie allemande semblait dans une impasse et connaissait une crise au moins aussi grave que la nôtre. En Allemagne, des décisions courageuses ont été prises dans le cadre d’une concertation élargie, une politique à long terme a été mise en place et aujourd’hui, malgré le marasme, l’acier allemand est bénéficiaire. Si cela a été possible en Allemagne, pourquoi ne le serait-ce pas également chez nous ?

Enfin, j’ai souligné que l’Union Européenne, au travers de son Commissaire M. Antonio Tajani, suit ce dossier de près. Monsieur Tajani prépare en effet un plan d’action pour l’industrie, avec un important volet sur l’acier. C’est à mon sens un élément extrêmement positif car l’avenir de l’acier ne se pose pas uniquement en Belgique, mais au contraire dans l’ensemble de l’Europe.

Pour ma part, j’estime qu’il est nécessaire d’aller de l’avant et qu’à La Louvière, des contacts doivent être rapidement pris avec les directions de Duferco et de NLMK pour que, dès maintenant, un plan de reconversion des terrains et des bâtiments inutilisés soit mis en place. Il serait regrettable d’attendre la dernière minute pour agir.

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