Responsabiliser les syndicats permettra un retour au dialogue

Posté le 29 octobre 2014 à 12 h 43 min par odestre Commentaires fermés sur Responsabiliser les syndicats permettra un retour au dialogue

Le rôle et l’importance des syndicats ne sont plus à démontrer. Par le passé, le combat syndical a permis aux travailleurs d’engranger une série de droits tout à fait fondamentaux : la liberté d’association, le droit de grève, la définition de normes permettant de protéger les travailleurs, etc. Tous ces éléments sont à mettre à leur crédit et il est évident que revenir dessus porterait atteinte à la démocratie.

De même, la participation de ces organisations au dialogue et à la concertation sociale a permis au fil des décennies de dégager des solutions consensuelles qui ont souvent contribué à éviter des manifestations violentes.

A ce titre, je ne peux que m’incliner devant cet héritage qui a façonné les Institutions et qui a dégagé une philosophie propre à la Belgique.

Je ne peux malheureusement que constater qu’aujourd’hui, les syndicats se mettent eux-mêmes en danger en portant atteinte à ce subtil équilibre mis en place au cours du dernier siècle.

Aujourd’hui, on a oublié le principe de la concertation sociale.

Aujourd’hui, il ne s’agit plus de discuter et ensuite, éventuellement, de faire grève mais bien de paralyser, de casser, de violenter et de prendre les tiers en otage, sans même rechercher le dialogue.

Je ne peux d’ailleurs que constater que cette évolution s’est renforcée avec l’arrivée du PS dans l’opposition au fédéral et sa manipulation de la FGTB.

Car non, tous les syndicats et tous les syndicalistes ne sont pas à mettre dans le même panier. Certains conservent en point de mire la nécessité de faire privilégier le dialogue social ; certains sont prêts à prendre leurs distances vis à vis des grèves sauvages et des actes de violence.

Cependant, j’ai la conviction que nous sommes arrivés à un point de non retour. Les citoyens sont excédés par les pratiques de certains syndicalistes et il convient de replacer ces derniers face à leurs responsabilités.

A cet égard, il me paraît essentiel que les syndicats se dotent d’une personnalité juridique. Cela leur permettrait d’assumer pleinement les conséquences de leurs actes en étant sanctionnés lorsqu’ils mettent leurs ressources au profit d’actions illégales ou lorsqu’ils ne condamnent pas fermement les débordements lorsqu’ils se produisent.

Cette responsabilisation des syndicats les remettrait face à leurs obligations et permettrait un retour à un dialogue social serein et constructif.

Il n’est plus acceptable qu’une minorité paralyse le pays, empêche ceux qui le souhaitent de se déplacer et de travailler et se sente au dessus des lois. Les droits syndicaux ne priment pas sur les autres droits constitutionnels.

Si certains syndicalistes n’en prennent pas rapidement conscience et n’opèrent pas un revirement de comportement, alors je le regrette mais il faudra sévir, au besoin par voie d’autorité, pour retrouver l’équilibre que nous connaissions il y a quelques années.

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