Quand le pacte d’excellence se transforme en exercice budgétaire

Posté le 22 août 2016 à 13 h 24 min par odestre Commentaires fermés sur Quand le pacte d’excellence se transforme en exercice budgétaire

Depuis le début de la législature, on parle beaucoup du pacte d’excellence. C’est bien simple, à chaque fois qu’une question relative aux mesures à prendre pour améliorer l’enseignement est déposée au Parlement, nous sommes renvoyés à ce pacte dont nous ne connaissons pas grand chose.

Tout ce que nous savons c’est qu’il aurait pour vocation de révolutionner l’enseignement en Fédération Wallonie-Bruxelles en y apportant les mesures nécessaires, tant attendues.

On le sait, toute mesure représente un coût budgétaire.

Or, avec un déficit budgétaire de 200 millions d’euros à l’initial 2016 et de 245 millions au budget ajusté, on comprend que les caisses sont vides et que des arbitrages doivent se faire.

Sur le principe, cela me semble tout à fait nécessaire dans la mesure où la FWB ne peut plus vivre à crédits et qu’elle doit faire des efforts d’assainissement comme l’ensemble des entités du pays.

Afin de procéder à ces arbitrages, le Gouvernement a demandé une évaluation du pacte par le Bureau d’études McKinsey qui a récemment rendu son rapport.

Même si je reconnais ne pas être en possession de l’ensemble des données, les éléments qui me parviennent me choquent profondément.

En effet, il n’est plus du tout question de prendre les mesures qui permettront à l’enseignement d’être plus performant et aux élèves de mieux apprendre et de mieux se former à la vie active ou aux études supérieures.

La réduction des coûts de l’enseignement semble être devenue le leitmotiv de ce pacte d’excellence qui n’en a donc plus que le nom.

On ne se demande plus ce qu’il faut faire pour améliorer la réussite scolaire mais plutôt ce qu’il faut faire pour réduire le redoublement afin de limiter le coût budgétaire.

Si le redoublement peut être vécu comme un échec, il constitue en réalité une deuxième chance pour permettre à l’élève d’acquérir les compétences nécessaires au passage dans l’année supérieure. Eviter le redoublement, c’est accentuer les difficultés de l’élève dans les années ultérieures.

Au travers du pacte, on ne se demande plus quelles sont les formations spécifiques les plus adéquates pour préparer nos jeunes mais plutôt comment uniformiser un maximum l’enseignement pour éviter des dépenses pourtant nécessaires.

Je regrette donc vivement que le Gouvernement de la Fédération Wallonie-Bruxelles accentue sa politique anti-redoublement et qu’il veuille uniformiser l’enseignement en développant un tronc commun à tous les élèves jusqu’à 15 ans.

Or, on le sait, certains élèves ont de l’or dans les mains, d’autres pas du tout ; certains sont matheux quand d’autres excellent en français ou dans les langues ; certains ont la fibre artistique et d’autres performent dans les métiers techniques et ils ne doivent pas attendre 15 ans pour s’en rendre compte.

Plutôt que de valoriser l’enseignement qualifiant et de renforcer les cours de pratiques professionnelles, la gauche préfère le noyer dans l’enseignement général, au détriment de tous les types d’enseignement.

On est donc en plein dans la politique menée depuis tellement d’années par le PS et le CDH: le nivellement par le bas.

A mon sens, le pacte d’excellence ne fera que réduire les moyens accordés à l’enseignement et accentuera sa dégradation ! Il s’agit donc d’un exercice budgétaire plus que d’une réelle réflexion sur son amélioration.

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