Pacte d’Excellence : cherchez la logique

Pacte d’Excellence : cherchez la logique

Une des ambitions du pacte d’excellence est d’améliorer l’apprentissage des savoirs de base dont fait évidemment partie l’apprentissage du français. Il est malheureusement vrai que de plus en plus d’élèves éprouvent des difficultés pour lire, pour comprendre ce qu’ils lisent et pour écrire. Des éléments qui devraient pourtant être acquis au cours des primaires.

Si, avec le passage automatique vers le secondaire, des élèves qui ont échoué au CEB, la Ministre fait aveu d’impuissance et sacrifie l’enseignement primaire, on peut comprendre son souhait de se rattraper au niveau de l’enseignement secondaire.

Sauf que, la cohérence est absente ; quant à la logique, on la cherche ! 

En effet, la Ministre veut améliorer l’apprentissage du français…en diminuant le nombres d’heures consacrées au français…certaines logiques m’échappent, celle de la Ministre en fait partie ! 

Pour la Ministre, le raisonnement est le suivant : Le latin facilite l’apprentissage du français, donc remplaçons une partie des heures de français pas du latin.

Certes, le latin permet une meilleure compréhension de la racine des mots. Certes, le latin – par sa structure – forme l’esprit à une manière de penser et d’analyser.

Toutefois, se servir du latin pour améliorer le français, c’est placer la charrue avant les bœufs. Il est utopique de penser que l’on peut apprendre une langue étrangère – fut-ce une langue morte – si on ne maitrise pas, d’abord, les bases de sa langue maternelle. 

Imposer le latin à des élèves en difficultés en français, c’est encore une fois, ajouter du poids à leur fardeau. 

J’ai peine à imaginer un élève – qui a des difficultés à lire et à écrire – forcé d’apprendre par cœur des déclinaisons et des règles grammaticales qui, soit ne sont pas d’usages en français, soit impliquent une connaissance approfondie des règles grammaticales de la langue française.

En outre, le modèle proposé fait la part belle au saupoudrage. On saupoudre un peu de latin, un peu de cours techniques, mais on n’approfondit rien. Au-delà du fait qu’on impose du latin ou des cours techniques à des élèves qui ne veulent pas en faire, car ils savent qu’ils ne sont pas faits pour ; on limite aussi ceux qui voudraient en faire de manière plus approfondie. Au final, tout le monde est frustré ! 

C’est très bien de vouloir démultiplier les cours et faire un peu de tout, en vue de faire des liens entre les matières. En revanche, c’est totalement inutile si la base de chaque cours n’est pas bien maitrisée. Or, avec peu d’heures par cours, cela me semble fort compliqué. 

Enfin, il est de plus en plus évident que la Ministre et le Gouvernement PS-CDH, sont complètement déconnecté des difficultés auxquelles font face les élèves et les enseignants. Aujourd’hui, il est déjà extrêmement compliqué de garder l’attention des élèves du général de manière durable pour des cours essentiels tels que le français ou les maths. 

S’agissant d’élèves inscrits dans les filières techniques et professionnelles, la difficulté est démultipliée du fait de leur désintérêt total pour des matières qui ne les concernent pas. Ce n’est d’ailleurs pas les dénigrer que de le souligner, puisqu’à l’inverse, ils disposent d’une grande intelligence et d’une grande concentration, pour les cours professionnalisant.  

Et on va imposer à ces élèves-là d’apprendre le latin ? Cela me semble totalement aberrant ! 

Même si cela n’engage que moi, j’estime que les personnes qui – avec la Ministre – ont conçu le pacte d’excellence, n’ont pas dû mettre les pieds dans une classe depuis fort longtemps ! 

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