Ni la Région, ni la FWB n’ont de vision à long terme

Posté le 11 décembre 2014 à 12 h 45 min par odestre Commentaires fermés sur Ni la Région, ni la FWB n’ont de vision à long terme

Alors qu’on nageait en eaux troubles depuis l’installation des Gouvernements des Entités Fédérées car ni la déclaration de politique générale, ni la déclaration de politique communautaire ne donnaient d’idée précise de l’orientation voulue par les exécutifs ; la présentation du budget a confirmé nos craintes : il n’existe pas de vision à long terme, ni pour la Wallonie, ni pour la Fédération Wallonie-Bruxelles.

Au niveau de cette dernière, on épinglera le fait que le Gouvernement  ne fait rien pour contraindre la RTBF à respecter son contrat de gestion ; en particulier au niveau des émissions culturelles qui disparaissent quasi totalement de la grille horaire.

Il est ensuite assez paradoxal d’entendre la Gauche attaquer violemment le fédéral pour les économies réalisées au niveau de la culture…

De même, pour une gauche qui se dit sociale, j’ai peine à comprendre comment elle peut décider de sabrer violemment dans les subsides octroyés à l’enseignement différencié. Même si j’ai bien conscience qu’il est nécessaire de se serrer la ceinture afin de contrôler le budget, il est possible de faire preuve de sérieux budgétaire en répartissant l’effort sur l’ensemble des postes, voir même en exonérant de cet effort ceux qui sont prioritaires.

De manière fort peu compréhensible, le choix stratégique de la ministre était de diminuer les aides aux écoles déjà en difficultés.

Même si la majorité a fait marche arrière sur cette mesure suite au tollé légitime qu’elle a provoqué, force est de constater qu’un accord était intervenu et que le Gouvernement entendait exécuter cette mesure. C’est à n’y rien comprendre…

Il semblerait que la méthode « j’avance et puis je recule » a la cote dans les entités fédérées puisqu’au Gouvernement Wallon, qui lui se dit de relance économique, on avait décidé de remettre en place la taxe sur l’outillage.

Deux semaines plus tôt, le MR avait vivement critiqué cette mesure qui conduirait certaines entreprises en difficulté à devoir licencier. Peine perdue, nous n’avions pas été entendu.

Des bancs de l’opposition, nous avons craint jusqu’au bout la mise en place de cette taxe antiéconomique qui a fait bondir l’ensemble des entreprises. Il aura fallu attendre le jour du vote du Budget pour que la majorité introduise des amendements en urgence qui suspendent son exécution. En somme : la taxe existe mais ne sera pas exécutée…une méthode pour le moins kafkaïenne.

On aurait presque pu percevoir une lueur dans les ténèbres lorsque le principalement Bourgmestre de Charleroi et accessoirement Ministre-Président wallon a réuni la presse pour présenter son plan Marshall 4.0…malheureusement en mathématique, quatre fois 0, cela fait toujours 0 !

L’idée principale de ce plan est de stimuler le numérique et l’innovation. Or, j’ai peine à percevoir la cohérence du Gouvernement Wallon qui dévoile ce plan mais qui en parallèle réduit l’enveloppe attribuée à la recherche universitaire de 30 millions.

On sait pourtant qu’en Wallonie, l’innovation provient essentiellement de nos pôles universitaires et des spins off qui se créent dans leur environnement.

Je n’explique donc cette contradiction que par un vieux réflexe du Gouvernement Wallon, acquis depuis maintenant 10 ans : l’effet d’annonce.

On a connu le Plan Marshall, le Plan Marshall 2.0, le Plan Marshall 2.vert, le Plan Marshall 2022…voici donc le plan Marshall 4.0…a croire que même au niveau de l cosmétique politique, on n’a pas d’idée au sein de l’exécutif wallon ; car oui, ce n’est que de la cosmétique.

Si le budget ne suit pas les politiques mises en place, comme c’est le cas pour les universités, alors les déclarations demeurent sans effet. Épinglé pour son inactivité, le nouveau Gouvernement a ajouté un nouveau plan à la longue liste de ceux qui n’ont toujours pas fonctionné en se disant probablement que c’est dans les vieux pots que l’on fait les meilleures confitures.

Assurément le pot est vieux mais malheureusement, la confiture, elle, n’a jamais pris !

Pour l’anecdote, je ne comprends toujours pas comment on peut adopter le 11 juillet 2013 un plan qui a pour horizon l’an 2022 et lancer un nouveau plan un an et demi plus tard…

A tout le moins, cela dénote d’une absence totale de vision à long terme, ainsi que d’un manque de stabilité et de continuité dans l’action publique.

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