Mon Intervention sur le premier ajustement budgétaire … 2012 en commission des finances !

Posté le 14 mars 2012 à 17 h 22 min par odestre Commentaires fermés sur Mon Intervention sur le premier ajustement budgétaire … 2012 en commission des finances !

Mes premiers mots sont naturellement destinés à saluer l’action gouvernementale et en particulier le rôle joué par le Ministre du Budget, véritable chef d’orchestre de ce travail important.

Ce premier ajustement budgétaire était en effet un moment critique, un moment charnière de l’année.

Depuis la révision des prévisions budgétaires, nous savions que d’autres économies seraient encore à faire ; des économies s’avoisinant, en l’espèce, à 2,5 milliards d’euros.

Ce contrôle budgétaire faisait donc courir plusieurs risques.

Celui de la tentation de relever le taux de TVA et de pénaliser l’ensemble des consommateurs, ce ne fut pas le cas, il est important de le souligner.

Celui d’augmenter la pression fiscale sur les entreprises, ce ne fut pas non plus le cas. C’est aussi important à souligner.

Celui de taxer la classe moyenne et de grever ainsi encore plus son pouvoir d’achat. Cela aurait été facile puisque cette catégorie de la population qui, par son travail, participe à la consolidation de la sécurité sociale, n’a pas les moyens de s’évader fiscalement, ni de déménager à l’étranger. Mais le Gouvernement s’est refusé à recourir à cette solution de facilité particulièrement injuste et nous ne pouvons que l’en féliciter. Je pense que cela aussi mérite d’être souligné.

L’autre grand risque aurait été de freiner le processus de relance économique. Force est de constater que le Gouvernement réalise avant tout des économies en limitant les dépenses, en augmentant le prix du tabac et en taxant les opérations de bourse ; autant de mesures sans impact sur l’économie réelle, autant de mesures qui rassurent les entreprises et qui ne sont pas de nature à limiter la croissance. Certains en doutaient, ils doivent aujourd’hui admettre qu’ils se sont trompés.

Cet ajustement budgétaire, indolore pour le citoyen, est donc celui qui permet à la Belgique de maintenir ses ambitions de respecter la limitation des déficits et de revenir à l’équilibre budgétaire en 2015 ; règle d’or établie lors de la déclaration gouvernementale.

Alors certes, on pourra toujours objecter que certains grands débats ont été occultés et repoussés à plus tard. J’observe simplement que nous sommes dans le cadre d’un ajustement budgétaire et non pas dans la confection du budget, lui-même. Ce sont deux choses différentes, qui impliquent la prise de mesures de natures différentes.

Enfin, j’entends certains critiquer le Gouvernement en affirmant qu’il ne va pas suffisamment loin, notamment sur la taxation des produits financiers.

 

A ceux là, je répondrai deux choses :

Premièrement, le Gouvernement a rehaussé le taux de la taxe sur les opérations boursières ; c’est donc un signal fort envoyé au monde boursier responsable d’une bonne part de la crise dans laquelle nous sommes plongés. Je tiens d’ailleurs à souligner que la taxation des opérations de bourse devra relever de l’échelon européen. Bien qu’une volonté européenne se dessine en la matière, aucun accord n’a encore été trouvé ni par la Commission ni par le Parlement Européen. La Belgique s’est montrée proactive et a indiqué la voie à suivre. Elle a ainsi donné l’exemple et initié l’impulsion dont les Institutions Européennes devront s’inspirer à l’avenir.

Deuxièmement, il est facile d’affirmer que l’on aurait pu aller plus loin. Mais alors, j’attends de ceux là qu’ils ne critiquent pas la volonté du Gouvernement de réaliser les presque 14 milliards d’euros d’économie pour la seule année 2012. Il s’agit là d’un effort sans précédent que nul Gouvernement n’a osé mettre en œuvre par le passé. Affirmer que l’on ne va pas suffisamment loin, c’est donc faire preuve d’un certain degré de mauvaise foi. En ce qui me concerne, je préfèrerais mettre en évidence le sens des responsabilités d’un gouvernement qui a décidé de ne plus faire payer à nos enfants et à nos petits enfants les dérives d’aujourd’hui.

Il aurait été plus simple de ne rien faire, mais alors nous en aurions payé un prix beaucoup plus élevé plus tard.

Il est certain que le Gouvernement devra mettre en place des mesures de relance économique, dans les semaines et les mois à venir. Je pense par exemple à la diminution de la taxation sur le travail. Récemment, la Commission Européenne a émis un rapport dans lequel elle épingle les coûts salariaux trop élevés en Belgique. Elle relève même qu’il s’agit de la taxation la plus élevée d’Europe.

En ce sens, je crois que la mise en œuvre de l’exonération des charges patronales pour les PME qui embauchent leurs trois premiers travailleurs, doit se faire au plus vite. Comme l’a demandé depuis plusieurs mois déjà, le président du Mouvement Réformateur.

Relancer l’activité économique, c’est une nécessité à la fois pour les entreprises, pour les citoyens et à terme pour le budget de l’Etat. Mais cela ne pourra se faire que si nous partons d’un point de départ sain. Cela ne pourra se faire que si nous résorbons et contrôlons notre dette. Cela ne pourra se faire qu’en recourant, comme le Gouvernement le fait, à la rigueur budgétaire.

On ne peut d’ailleurs que se réjouir de la mise en œuvre du principe de précaution budgétaire. A l’avenir, toute dépense sera soumise à l’accord  préalable d’un groupe de travail composé des cabinets du Premier, des Vice-Premiers et du Ministre du Budget. Je vois dans cette mesure une nouvelle matérialisation de la volonté du Gouvernement de contrôler plus juste encore les dépenses de l’Etat.

Après avoir examiné les mesures prônées par le Gouvernement, nous ne pouvons que constater que le pouvoir d’achat des citoyens est préservé et que la compétitivité des entreprises est sauvegardée.

Il m’apparaît donc que le Gouvernement a passé cet examen haut la main. Je l’en félicite et je félicite particulièrement le Ministre du Budget, pour son travail de coordination et son souci de protection de la classe moyenne.

 

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