Le relèvement de l’âge de la retraite : tout sauf une aberration

Posté le 28 octobre 2014 à 15 h 29 min par odestre Commentaires fermés sur Le relèvement de l’âge de la retraite : tout sauf une aberration

La critique la plus fréquente que l’on entend est qu’il serait aberrant d’allonger les carrières alors que le taux de chômage des jeunes est important. L’argument est correct dans l’absolu mais inexact s’il est replacé dans un contexte plus global.

En effet, le Gouvernement fédéral a établi une série de mesures telles qu’une diminution des cotisations patronales de 33% à 25%, la mise en place d’une stratégie commune pour  l‘emploi en concertation avec les partenaires sociaux, le renforcement de notre compétitivité salariale.

Cette politique permettra de relancer notre économie, d’insuffler de la compétitivité et surtout de créer de l’emploi. Nous voulons créer du travail pour augmenter le taux d’activité de notre pays et éviter ainsi un choc générationnel sur le marché de l’emploi.

En outre, il est important de souligner que l’âge effectif moyen du départ à la retraite est de 59,3 ans en Belgique, 61,7 ans en Allemagne et 62,8 ans aux Pays-Bas.  Le relèvement est conforme aux recommandations de la Commission européenne qui préconise de relever l’âge légal de la retraite. Plusieurs pays européens ont déjà relevé ou ont programmé le relèvement de cet âge légal.

Le relèvement de l’âge légal à 67 ans ne signifie pas que tout le monde sera contraint de travailler jusqu’à 67 ans mais que ce gouvernement s’efforcera de porter progressivement la durée de carrière effective, peu à peu à 45 ans.

En effet, on ne compte aujourd’hui que 10% des travailleurs qui poursuivent leur carrière jusqu’à 65 ans et cette proportion n’augmentera sans doute pas avec le relèvement de l’âge légal de la pension.

Compte tenu de l’allongement de l’espérance de vie mais aussi de son amélioration qualitative, repousser de deux ans l’âge légal de la pension apparaît logique compte tenu des besoins de financement. A cet égard, nous ne prenons pas les travailleurs par surprise puisque ce relèvement de l’âge sera progressif : 65 ans aujourd’hui, porté à 66 en 2025 et à 67 en 2030. Les travailleurs âgé d’une cinquantaine d’années ne sont donc pas concernés par la mesure.

En 10 ans, le coût de financement des pensions a cru de 12 milliards et chaque mois, 10000 travailleurs partent à la retraite. A politique inchangée, nous ne parviendrons plus à verser de pensions décentes. Un rapport de la Commission des pensions, menée par le socialiste Frank Vandenbroucke, a d’ailleurs démontré que ce recul de l’âge de la pension était nécessaire. C’est encore une fois par soucis de plaire à tout prix, par manque de sens des responsabilités et de courage que la gauche n’a pas concrétisé une mesure qui s’imposait pourtant à elle.

En conclusion, ce n’est pas de gaieté de cœur que nous allongeons les carrières, mais par nécessité ; pour maintenir la solidarité entre les citoyens et entre les générations.  Ceci étant, une réflexion, d’ailleurs prévue, devra être menée sur l’aménagement des fins de carrière. A titre d’exemple, on pourrait imaginer qu’une partie des heures des enseignants les plus expérimentés soient consacrés à l’encadrement des nouveaux professeurs.

Enfin, bonne nouvelle si la carrière atteint les 45 ans avant l’âge légal de départ à la retraite, il sera bien évidemment toujours possible de prendre une pension anticipée.

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