Le libéralisme sort la Belgique de la crise

Posté le 16 octobre 2013 à 13 h 23 min par odestre Commentaires fermés sur Le libéralisme sort la Belgique de la crise

Ce jeudi 17 octobre, le Parlement devra décider s’il accorde ou non sa confiance au Gouvernement fédéral. De prime abord, cet exercice annuel peut sembler convenu et pourtant il s’agit d’un principe fondamental de la démocratie puisque le Gouvernement, par l’intermédiaire du Premier Ministre, présente le bilan de sa politique et trace les grandes lignes de son action pour les mois à venir ; libre ensuite aux Représentants du peuple de décider si les actions menées ont été positives et si les solutions proposées constituent un plus pour les citoyens et les entreprises.

La question qui se pose est donc : ai-je été convaincu par l’exposé du Gouvernement ? Plus prosaïquement : vais je lui accorder ma confiance ?

Afin d’apporter une réponse réfléchie, deux éléments sont à examiner : le bilan et les mesures proposées pour répondre aux défis qui subsistent.

Concernant le bilan, le Premier Ministre, qui a décidément bien intégré les valeurs du libéralisme et compris sa nécessité, a dressé un portrait assez élogieux de l’action gouvernementale…et pour cause :

Sur le plan budgétaire, nous sommes un des seuls pays de la zone euro à être capable de tenir ses engagements et nous parviendrons à ramener en 2014 le déficit sous la barre des 2,15% du PIB. Plus important, cet assainissement s’est réalisé sans hausse de l’IPP ou de l’ISOC, sans hausse de la TVA, en renforçant la lutte contre la fraude fiscale mais aussi sociale et en menant une politique sérieuse de réduction des dépenses publiques.

Cette politique a été voulue par le Mouvement Réformateur et appliquée par le Gouvernement avec au total plus de 22 milliards d’économies réalisées en 2 ans et demi. Cela nous permet, d’une part d’effacer progressivement l’hypothèque qui pesait sur les générations futures, car nous n’avions plus les moyens de notre mode de fonctionnement ; d’autre part de sortir prochainement de la procédure pour déficit excessif avec un impact positif sur la perception de notre économie par les marchés internationaux.

La réduction des dépenses de l’Etat ne signifie pas pour autant que l’on a freiné le développement économique et réduit la qualité de nos services. Au contraire, 1400 policiers ont été engagés en 2012, 1500 en 2013 et 1400 le seront en 2014. Des budgets ont été débloqués pour les maladies rares, pour les aides soignants. Un statut de la maladie chronique a été instauré, les services incendie ont été refinancés et 1 milliard d’euros auront été consacrés à la relance. Les plus petits salaires auront été et seront encore revalorisés, l’âge légal de la pension maintenu, des baisses de charges ont été opérées sur les 3 premiers emplois dans les PME (une mesure libérale qui fera l’objet d’une extension aux 5 premiers emplois), le mode de calcul des cotisations sociales des indépendants a changé.

De plus, notre pays sort de ces deux ans de Gouvernement de centre-droit apaisé sur le plan communautaire. Le problème BHV a été résolu et des compétences seront transférées aux Régions pour une valeur représentant 20 milliards d’euros.

Alors qu’en 2011, tout était bloqué et que l’on parlait de plus en plus ouvertement de la scission du pays, en 2013 aucun parti, qu’il soit du Sud ou du Nord, ne souhaite dans l’immédiat une autre réforme de l’Etat.

Cependant, malgré ce bilan indéniablement positif, au Mouvement Réformateur, nous ne voulons pas nous reposer sur nos lauriers. Le temps de la campagne électorale n’est pas encore venu car il y a encore beaucoup de travail à effectuer.

Deux priorités guideront les libéraux en cette fin de législature : la diminution du coût de l’énergie et la réduction du coût du travail.

En effet, malgré les progrès réalisés, le travail coute encore et toujours trop cher en Belgique de sorte que certains pièges à l’emploi subsistent. Le MR et moi-même menons une lutte farouche contre ces situations car il n’est pas normal, il n’est pas acceptable que dans certains cas, il soit moins intéressant de travailler plutôt que de rester au chômage.

Naturellement, la réforme du chômage a déjà permis d’engranger des progrès en la matière et les effets positifs se feront pleinement ressentir d’ici quelques mois. Cependant, nous devons poursuivre nos efforts et augmenter le fossé entre les indemnités de chômage et les salaires les plus faibles. Aux yeux du MR, cela ne peut passer que par une allègement de la fiscalité sur le travail !

Le prix de l’énergie est également un élément sur lequel nous voulons travailler afin que celui-ci reparte à la baisse. Nous le voulons pour deux raisons : premièrement pour les ménages dont la facture énergétique mine lourdement le budget et diminue d’autant le pouvoir d’achat ; deuxièmement pour les entreprises pour qui le coût de l’énergie freine fortement la compétitivité, avec un impact négatif sur la croissance et l’emploi.

En la matière, le MR est favorable à la diminution du taux de TVA de 21% à 6% sur l’électricité pour les raisons susmentionnées mais également car cela permettra de relancer la consommation et donc d’engranger des effets positifs collatéraux. Ce dossier sera traité en novembre et nous pèserons de tout notre poids afin d’aboutir à un accord favorable à tous.

Dans les mois à venir, d’autres dossiers importants seront bouclés.

Sur le plan social, les montants de la pension minimum et des allocations familiales des indépendants seront alignés sur ceux des travailleurs salariés. Il s’agit d’un élément primordial aux yeux des libéraux car cela mettra fin à une discrimination particulièrement inique et permettra également de revaloriser le statut de l’indépendant et de susciter des vocations.

 En 2008, la crise bancaire s’est abattue sur nous de plein fouet et l’Etat s’est vu contraint de voler au secours des banques afin de protéger l’épargne des Belges mais aussi d’éviter un cataclysme économique.

Conscient de la nécessité de prendre des mesures pour empêcher que ce cas de figure ne se reproduise, le Gouvernement déposera prochainement un projet de loi visant à scinder les activités de dépôts et les activités à risque. De cette manière, l’épargnant aura la garantie que son argent n’est pas joué en bourse à son insu. La sécurité et la stabilité du secteur seront renforcées de sorte que nous éloignerons le spectre de la crise bancaire.

L’enjeu fiscal constitue un autre dossier d’importance de la fin de la législature mais également du début de la suivante. Une commission mixte de la Chambre et du Sénat a été constituée afin de mener un travail préparatoire à une vaste réforme fiscale. Nous avons une conscience aiguë du fait que la fiscalité sur le travail est trop lourde et que la progressivité n’est qu’une fiction puisque l’on atteint très vite, trop vite, la dernière tranche d’imposition.

Tout en respectant la neutralité de l’opération sur le plan budgétaire, un basculement de la fiscalité doit impérativement s’opérer afin de soulager entreprises et citoyens mais également de permettre une revalorisation du travail.

Eu égard au nombre de dossiers sur la table du Gouvernement depuis sa prise de fonctions, deux ans et demi, c’est naturellement trop court que pour prendre les décisions et exécuter une telle réforme. C’est pourquoi ce travail parlementaire est essentiel puisqu’il débouchera sur une série de recommandations adressées au prochain Gouvernement qui aura pour tâche de concrétiser cette réforme que tous, nous attendons.

Le bilan est positif mais les défis restent nombreux. Nous avons relevé l’enjeu budgétaire mais nous ne voulons pas manquer le tournant de la compétitivité qui est le véritable but à atteindre dans la mesure où il s’impacte directement sur la vie des citoyens et des acteurs économiques.

Il n’est pas encore temps de réduire les efforts, au contraire ! Au cours des prochains mois, nous poursuivrons le travail engagé afin de ne pas perdre le bénéfice des progrès durement engrangés. La croissance s’amorce progressivement…le MR veut lui donner un coup de fouet et nous y travaillerons !

En parallèle, fervent défenseur de l’Europe, j’attends de cette dernière qu’elle prenne ses responsabilités et qu’elle améliore encore son action en renforçant notamment la lutte contre le dumping social ; un phénomène qui porte préjudice à notre économie. Il reste qu’à mes yeux, l’avenir passe par l’UE et que la Belgique a indubitablement besoin de plus et de mieux d’Europe !

En conclusion, lorsque j’examine le bilan et que je considère les défis qui restent à relever au cours de cette législature,  la réponse à la question survient d’elle-même : je voterai positivement la confiance accordée au Gouvernement.

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