Le budget 2013: un modèle de rigueur soutenable

Posté le 21 novembre 2012 à 16 h 10 min par odestre Commentaires fermés sur Le budget 2013: un modèle de rigueur soutenable

 

Après de longues semaines de négociations, les partenaires du Gouvernement sont parvenus à la fois à réaliser le dernier ajustement budgétaire de l’année 2012, à confectionner le budget 2013 en respectant les obligations européennes (diminuer le  déficit de l’État à 2,15% du PIB) et à dégager une enveloppe supplémentaire destinée à relancer notre compétitivité.

Certains pourraient s’interroger et s’inquiéter par rapport à ce qui est, à leurs yeux, l’intransigeance de l’Europe. Pour ma part, je suis convaincu que cette politique de rigueur budgétaire est la seule envisageable, pour autant qu’elle s’accompagne, comme c’est le cas en Belgique, d’une politique de relance. Si nous n’avions pas réalisé ces 18 milliards d’économie en à peine un an, notre situation serait infiniment plus grave et nous ne bénéficierions pas de taux d’intérêt aussi avantageux que ceux d’aujourd’hui. Force est de constater qu’il y a un an, on nous prédisait un naufrage économique et qu’aujourd’hui nous faisons partie des meilleurs élèves de l’Europe sur le plan budgétaire. Notre croissance elle-même est plus importante que nombre de nos voisins. Dès lors, même si l’effort est important, même si l’effort est difficile, il porte déjà ses fruits. Il faut donc continuer en ce sens, car la volonté du Gouvernement est de confier aux générations futures un héritage positif et sain.

Il est un fait que les négociations ont été tendues, mais après les près de 14 milliards déjà économisés en 2012, n’était ce pas là une situation tout à fait normale ?

Une fois de plus, le Gouvernement est parvenu à ménager la chèvre et le chou en réalisant encore 3,4 milliards d’économies en faisant peser le moins possible l’effort sur les citoyens et sur les entreprises.

En effet, la presse a fait couler beaucoup d’encre en lançant de nombreuses pistes et des débats tumultueux. Or, la plupart d’entre eux n’ont pas été retenus pour la confection du budget. Afin d’être tout à fait clair, le budget 2013 ne comprendra pas de cotisation de crise, ne portera pas atteinte aux pensions, ne contiendra pas de hausse de la TVA, n’établira pas de TVA sur les honoraires d’avocats et ne supprimera aucun jour férié. De même, il n’y aura pas d’assouplissement des règles sur les heures supplémentaires.

Le Gouvernement aurait pu céder aux sirènes de certaines de ces mesures qui auraient été faciles à mettre en œuvre, mais qui auraient tellement pénalisé les entreprises et les citoyens. Il n’en est rien !

L’essentiel de l’effort n’est pas fiscal ! Les réductions des dépenses de l’Etat compteront pour 1,3 milliards, l’ultime opération de  régularisation sera valorisée à 513 millions d’euros. La modification du taux des intérêts notionnels (2,78% (+0.5% pour les PME)) rapportera 256 millions, tandis que la hausse des accises sur le tabac et l’alcool est évaluée à 159,5 millions. A cela s’ajoutent diverses mesures telles que le renforcement de la lutte contre la fraude sociale et fiscale

Les économies réalisées sont donc basées avant tout sur une organisation plus rationnelle de l’Etat et de ses politiques. Nous sommes loin des mesures sévères de rigueur que connaissent l’Espagne, la Grèce ou l’Italie.

Je vois dans ce budget une nouvelle expression de ce qu’est la rigueur soutenable, à savoir une politique responsable qui voit le moyen et le long terme, qui veut protéger l’avenir de nos enfants et qui n’opère pas pour autant de bain de sang social par une baisse massive des salaires ou encore par des hausses importantes d’impôts.

Certes il y aura une modération salariale, certes le précompte mobilier se généralise à 25% (hormis l’une ou l’autre exception). Mais dans la situation que nous connaissons, n’était ce pas là une nécessité ? N’est ce pas un moindre mal ?

De plus, il s’agit d’une modération salariale, pas d’un gel des salaires. Ainsi, l’index continuera de jouer pleinement son rôle, de sorte que les revenus seront corrigés en fonction du coût de la vie. Toutefois, les mesures prises permettront de diminuer l’écart salarial qui existe avec nos voisins (français, allemands et néerlandais) de 0,9% en 2 ans. De la sorte, nous rendrons aussi notre économie plus compétitive. Le Gouvernement a également réaffirmé sa volonté d’augmenter les plus bas salaires et ce dès 2013. Cela renforcera l’attractivité du monde du travail.

Quant à la généralisation du précompte mobilier à 25%, j’estime que la mesure appelle deux remarques. D’une part, les carnets de dépôt et les « bons Leterme » demeurent à 15%. D’autre part, les intérêts des 1830 premiers euros sont immunisés de précompte. Aucun impôt n’est perçu sur cette tranche. Il est donc faux d’affirmer que la classe moyenne est une victime du budget 2013.

Côté recettes fiscales, un nouvel impôt frappera les plus-values des sociétés holding. Même si je déplore toujours les hausses d’impôts, force est de constater que celui-ci ne frappe qu’un certain type de sociétés, pour un certain type d’activités. Les PME sont donc loin d’être visées. Cela aurait d’ailleurs été particulièrement contradictoire dans la mesure où le Gouvernement axe sa politique de relance sur ces mêmes PME.

En outre, le Gouvernement a fait le choix courageux de réaliser des économies supplémentaires en vue de redynamiser notre compétitivité. C’est à souligner, c’est à saluer.

Ainsi, 300 millions ont été dégagés pour diminuer les charges patronales sur les bas salaires. Cela permettra de booster l’emploi car cette diminution des cotisations apportera un bol d’air frais aux PME et les incitera à engager.

Je salue donc l’annonce de la fin du conclave avec satisfaction. L’exercice était complexe mais il s’avère fructueux dans la mesure où il maintient notre bonne gestion des finances publiques, il limite l’effort porté par les citoyens et il favorise le développement de notre économie et de nos entreprises.

Je souhaite que le projet de loi portant sur le budget 2013 soit déposé en Commission des Finances de la Chambre dans les plus brefs délais, afin que nous puissions entamer au plus vite le travail parlementaire.

 

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