La relance passe par les PME

Posté le 23 octobre 2013 à 13 h 42 min par odestre Commentaires fermés sur La relance passe par les PME

Le saviez vous ?

– Le PIB wallon se situe à 88% de la moyenne européenne des 27 et à 80% de la moyenne des 15

– Il existe 20,54 entreprises pour 1000 habitants  en Wallonie contre 23/1000 hab pour la moyenne belge

– Taux de création moyen s’élève en Wallonie à 3% contre 3,54% en Flandre

– Sur 72 360 entreprises, 72 339 sont des PME soit 99,6%

Comme l’indiquent les chiffres ci-dessus, l’immense majorité des entreprises sont des PME, voire des TPE.

Bien qu’il faille également de grandes entreprises sur notre territoire, la présence de ces milliers de PME constitue une réelle force puisqu’elle garantit la création d’emplois peu ou pas délocalisables et qui par conséquent s’inscrivent dans la durée.

Toutefois, le statut de PME est il une finalité en soi ? La réponse est évidemment négative puisque toute entreprise a vocation a s’étendre, à se développer, à diversifier ses activités ou au contraire à les spécifier au maximum, à créer de l’activité économique et du profit, etc…

Cette croissance, tout le monde en profite : l’entreprise qui se fortifie, les travailleurs qui voient la sécurité de leur emploi consolidé, les demandeurs d’emploi qui peuvent se faire embaucher, l’Etat qui diminue ses dépenses sociales et qui accroit ses rentrées fiscales.

Il est donc naturel de défendre les PME et de mettre en place des politiques destinées à soutenir l’activité économique, à rendre attractif le statut d’indépendant, à tout faire pour que la croissance des acteurs économiques soit facilitée.

Malheureusement, jusqu’à présent, ce qui constitue une évidence pour le MR ne reçoit pas le même écho au niveau des partis de gauche, de sorte que le Mouvement Réformateur s’est généralement trouvé très isolé dans la défense des PME et des entreprises.

Depuis des décennies, l’activité privée est stigmatisée par une large frange du monde politique qui ne voyait de salut que dans le public…on a vu les résultats avec Duferco à La Louvière, avec Carsid à Charleroi, avec Arcelor-Mittal à Liège et dans toutes les entreprises spécialisées dans la pose de panneaux photovoltaïques partout en Wallonie.

Conséquences : Non seulement nous ne disposons pas des instruments utiles qui nous permettraient de donner une forte impulsion au soutien des PME, mais en plus la philosophie et la rigidité de notre système pénalisent grandement les entreprises.

Il est par exemple clair que l’activité de certaines entreprises s’intensifie ou se relâche à certaines périodes de l’année et que la flexibilité des travailleurs serait un atout considérable. A ce titre, il serait bien plus efficace de permettre aux travailleurs de prester 10h par jour lors des pics et 6h par jour lors des creux ; le cas échéant en payant les salariés 8h toute l’année. Cette proposition aurait l’avantage de satisfaire tout le monde, entreprises comme travailleurs, en ne pénalisant personne.

De même, il serait également plus efficace de calculer les heures prestées en année plutôt qu’en mois ou en semaine. Cela permettrait d’une part d’augmenter la liberté des travailleurs d’agencer leurs vacances comme ils le souhaitent et d’autre part à l’entreprise de disposer d’une plus grande flexibilité de leurs salariés.

Malheureusement ce type d’idées rencontre une opposition farouche et immédiate de la part des autres partis qui, sous couvert de l’idéologie, n’acceptent même pas le débat.

Ce carcan idéologique et cette rigidité d’esprit transparaissent à tous les niveaux de notre système socio-économique. Ce n’est pas un hasard s’il a fallu attendre 2008 pour que les indépendants bénéficient d’indemnités de soins de santé équivalentes à celles des travailleurs salariés. Pire encore, ils devront patienter jusqu’au 1er janvier 2014 pour que les allocations familiales soient élevées au même niveau que celles de tous les autres travailleurs.

Tout cela nuit gravement à l’attractivité du statut d’indépendant et d’entrepreneur et pénalise donc la création d’activité économique.

Pourtant, le très mauvais bilan économique wallon n’a pas le luxe des exclusives. En effet, le coût de la fiscalité et de la parafiscalité sont énormes puisque avec un coût horaire brut de 39€/h contre 35€/h en France et 30€/h en Allemagne, nous partons avec un lourd handicap.

Dans ces conditions, la valorisation du travail et son attractivité sont lourdement pénalisés ; quant à la possibilité d’engager du personnel, elle est minée. Les employeurs sont découragés et doivent bien souvent freiner le développement de leurs entreprises.

C’est pourquoi, il est impératif de diminuer de manière forte les charges qui pèsent sur le travail et ce de manière structurelle. Au fédéral, sous l’impulsion du MR, nous avons entamé cette démarche avec la réduction des charges sur les 3 et bientôt sur les 5 premiers emplois. Concrètement, cela représente un gain pour l’entreprise de 6000 euros par an et par travailleur, soit potentiellement un gain de 30 000 euros par an.

C’est un premier pas important mais il doit être suivi de beaucoup d’autres !

Pour y parvenir, il revient, à mon sens, aux pouvoirs publics de réduire leurs dépenses de 5% du PIB afin de rejoindre la moyenne européenne. Cette réduction permettrait de dégager l’enveloppe budgétaire suffisante à la création d’un véritable choc de prospérité.

Réduction des dépenses et évolution des mentalités et des politiques, voilà les ingrédients qui nous permettront de relancer durablement l’économie wallonne grâce aux PME.

Une PME qui se crée ou qui se développe, c’est une personne qui a décidé de prendre des risques, qui a créé de l’activité, qui a embauché, qui participe à la vie économique de sa région. Dans cette perspective, avec le MR, je me fais le garant de la protection de ces personnes afin de les encourager dans leur démarche et de rendre la prospérité à la Belgique et à la Wallonie en particulier.

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