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Le pont canal

La Louvière était le nom d’une ferme (La Grande Louvière, dont la Chapelle est encore visible) construite sur le territoire de Saint-Vaast, qui allait donner naissance, par la suite, à la ville actuelle de La Louvière.

Ce nom est toutefois le résultat de nombreuses évolutions… La célèbre Abbaye d’Aulne possédait, sur les deux rives du Thiriau, d’importantes propriétés appelées dans les chartes du 12ème siècle « Menaulu » ou  » Meneilut « . Ce mot roman (meigne au leu = repère du loup) est devenu en latin  » Luperia  » en 1157 et  » Lovaria  » en 1168. Le concept latin, retraduit en roman, a été transformé en  » Lovière  » en 1217,  » Le Lovière  » en 1284 pour aboutir au terme  » La Louvière « .

Il faut préciser qu’à l’époque, le territoire actuel de La Louvière était une parcelle de l’ancienne forêt charbonnière, constituée de bois sombres et d’une nature sauvage, endroit de prédilection pour les loups ainsi que le gibier que chassaient les seigneurs du temps.

Saint Vaast, localité du bassin houiller du Centre, comprenait plusieurs seigneuries foncières avec droit de charbonnage sur lesquelles le Seigneur du Roeulx avait haute justice. Parmi ces domaines se trouvait le fief situé à La Louvière et qui appartenait à la riche Abbaye d’Aulne. Le haut justicier de Saint-Vaast avait permis d’effectuer des travaux de prospection. C’est ainsi que l’extraction de la houille a débuté dès 1390.

Toutefois, l’Abbaye a refusé longtemps de « laisser ouvrir sa terre », selon l’expression anciennement usitée. L’industrie charbonnière n’est donc devenue réellement productive qu’au début du xviiie siècle. Au fur et à mesure que les entreprises charbonnières se sont multipliées, que les moyens d’extraction se sont perfectionnés et que les formalités fiscales ont disparu, une exigence est apparue, à savoir assurer l’écoulement des produits que la consommation locale, à l’époque fort restreinte, ne pouvait épuiser.

Des moyens de communication ont alors été créés, toujours plus nombreux et évolués: routes, canaux et par la suite, lignes de chemins de fer. Attirées par la proximité de la houille indispensable à leurs activités, de nouvelles industries se sont installées à côté des charbonnages et ont créé de nouveaux débouchés.

Sous la poussée vigoureuse des nombreuses industries qui s’y sont développées en très peu de temps, La Louvière s’est rapidement élevée dans la voie du progrès… On assiste alors à un phénomène curieux: La Louvière, toujours hameau de Saint-Vaast, est devenue de plus en plus florissante et a dépassé en importance et en activités le village dont elle dépendait. Elle était même l’objet d’intérêts municipaux plus importants que ceux prêtés à Saint-Vaast. Le morcellement est donc devenu nécessaire. Le 27 février 1869, une loi spéciale décrétant l’érection de La Louvière comme commune distincte a été votée et sanctionnée par arrêté royal du 10 avril 1869.

Alors qu’au début du xixe siècle, La Louvière n’était pas même un hameau mais un simple et obscur « lieu-dit », elle prenait rang, un demi-siècle plus tard, parmi les communes les plus importantes du pays. Précisons que ce n’est qu’en 1985 que La Louvière a reçu l’autorisation de porter le titre de ville.

C’est donc le domaine des religieux d’Aulne qui a donné son nom à la ville. Il existe par conséquent des rapports, des liens étroits entre « La Louvière » d’aujourd’hui et « l’Abbaye d’Aulne » d’autrefois…