« La fin de Durobor : un drame social et économique pour les 154 travailleurs et pour la Région du Centre ! »

« La fin de Durobor : un drame social et économique pour les 154 travailleurs et pour la Région du Centre ! »

Durobor, la dernière gobeleterie de Belgique située à Soignies, va se déclarer en faillite.

Un véritable drame social pour la Région du Centre. C’est un fleuron wallon qui disparaît…une page du passé industriel verrier belge qui se tourne…

Je pense bien évidemment en premier lieu à ces 154 travailleurs qui vont ainsi perdre leur emploi et à leur famille. Sans compter, les potentiels emplois indirects qui pourraient également être mis à mal avec l’aveu de cette faillite…

C’est un véritable séisme social et économique pour Soignies et pour sa Région. 

Les raisons de cet aveu de faillite : les banques n’ont pas soutenu la demande de crédit de 10,5 millions d’euros faite par les actionnaires dernièrement. 

Ce crédit aurait en effet permis à Durobor d’envisager un avenir serein… C’est vers un tout autre scénario catastrophe que l’on se dirige désormais.

Cette entreprise connaît des difficultés financières et industrielles depuis un certain nombre d’années et avait besoin d’investissements afin de moderniser urgemment ses lignes de production et rester ainsi concurrentielle. Il n’en sera rien.

Si la Sogepa avait validé en novembre 2018 un investissement de 4 millions d’euros; les partenaires privés devaient intervenir pour 1,5 million, l’appui des banques, lui, était indispensable. 

Le refus des banques serait motivé par un argument environnemental (plaintes déposées par des riverains au sujet des fumées émises par le four de l’usine) et la seconde raison invoquée par les banques serait liée au personnel, jugé réticent à se plier à la flexibilité demandée par la direction et gourmand dans ses exigences salariales.

Cependant, une question me taraude… Les partenaires privés n’auraient-ils pas pu intervenir davantage financièrement dans ce plan de sauvegarde ? Si la demande de prêt avait été moindre, la décision de fermeture aurait-elle été prise ?

Je tiens vraiment à souligner que les travailleurs ont fait des efforts « financiers » et « psychologiques » depuis la reprise de Durobor par Herman Green il y a deux ans. 

Les 154 travailleurs devraient apparemment se contenter de l’intervention du Fonds de fermetures des entreprises, vu qu’il s’agit ici d’une faillite.

Mais il est indispensable, à mes yeux, d’aller plus loin dans une démarche pro-active vis-à-vis de ces travailleurs qui viennent de perdre leur emploi ! Il y a lieu de mettre en place une réelle cellule de reconversion ou des mécanismes permettant ainsi de leur garantir des possibilités de reclassement. Certains de ces travailleurs ont de nombreuses années d’ancienneté au sein de Durobor. Il y a lieu d’agir en respectant l’humain.

Le «Dossier Durobor » est un sujet qui me tient particulièrement à cœur. J’ai interpellé à de nombreuses reprises en tant que Député wallon le et les Ministre(s) de tutelle sur l’avenir de cette firme, sur les diverses possibilités d’investissements. J’ai en effet, tout comme les travailleurs, espéré un futur positif et prospère pour Durobor…

Par ailleurs, la Région wallonne était actionnaire de Durobor depuis 2015 (elle avait accepté de transformer un prêt de 15 millions d’euros en actions). Elle était également devenue propriétaire des murs et des outils. La Sogepa avait également recapitalisé la firme à hauteur de 2,8 millions en 2017. Cette faillite est donc dommageable pour les finances wallonnes. Les investissements consentis jusqu’ici, ne trouveront donc pas de retours fructueux.

Je pense qu’il y a lieu que la Sogepa puisse se remettre en question sur les investissements qu’elle consent. Il m’apparaît aujourd’hui comme essentiel que le bras financier de la Région wallonne soit peut-être à l’avenir davantage plus strict quant au soutien apporté aux repreneurs privés d’entreprises en difficultés. 

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