La détention des bengals au delà du 31 mars 2016

Posté le 22 février 2016 à 12 h 48 min par odestre Commentaires fermés sur La détention des bengals au delà du 31 mars 2016

Question orale de M. Destrebecq à M. di antonio, ministre de l’environnement, de l’aménagement du territoire, de la mobilité et des transports, des aéroports et du bien-être animal, sur « la détention des bengals au-delà du 31 mars 2016 »

M. Destrebecq (MR). – Monsieur le Ministre, actuellement, le bengal n’est pas repris sur la liste des animaux pouvant être détenus par les particuliers, puisqu’il n’est pas légalement considéré comme un chat.

Or, s’agissant d’une race créée en 1963, les animaux sont aujourd’hui totalement domestiqués. Sur le plan génétique, l’ADN du bengal est d’ailleurs en tous points similaire à celui du chat domestique, un état de domestication d’ailleurs confirmé par le Président de l’association des vétérinaires francophones qui semble juger opportun d’inscrire le bengal sur la liste des animaux pouvant être détenus par des particuliers.

Les détenteurs et éleveurs ont jusqu’au 31 mars pour introduire une demande d’agrément et régulariser ainsi la détention de tels chats. Pouvez-vous me confirmer que passé cette date, une interdiction pure et simple de détention sera en vigueur ?

Quels sont les critères à remplir pour bénéficier de l’agrément ?

Il me revient que certains éleveurs ne bénéficieraient déjà plus du renouvellement de leur autorisation d’exploiter une chatterie de ce type. Est-ce exact ? Ces décisions résultent-elles d’une application anticipée de votre volonté d’interdire les bengals ? Ne risque-t-on pas de mettre sans emploi certains éleveurs qui en ont fait leur activité principale ?

En Wallonie combien recense-t-on de bengals ?

Cette interdiction ne risque-t-elle pas d’induire des euthanasies, puisque mes collègues viennent d’en parler, ici on parle bien d’une race tout à fait spécifique, des abandons et des détentions illégales de ces chats ? Ne serions-nous pas, alors, aux antipodes de ce que devrait être la lutte en faveur du bien-être animal ?

En conclusion, je ne peux que vous demander à nouveau de revenir sur cette décision que j’ai du mal à partager.

M. le Président. – La parole est à M. le Ministre Di Antonio.

M. Di Antonio, Ministre de l’Environnement, de l’Aménagement du territoire, de la Mobilité et des Transports, des Aéroports et du Bien-être animal. – Monsieur le Député, il faut bien comprendre de quoi il s’agit, parce qu’il y a bengal et bengal. On va chercher un animal dans la nature en Asie, je pense, un chat léopard que l’on croise avec un chat domestique. Quand on fait cela, on obtient un F1, 50 % du chat domestique, 50 % du chat léopard. Quand on prend ce F1 et qu’on le croise de nouveau avec un chat domestique, on obtient un F2, qui garde 25 % du chat léopard, 75 % du chat domestique et on continue comme cela F3, F4… Les vétérinaires ou spécialistes disent à partir du F5, on peu considérer que ce chat bengal, qui ne possède plus que 6,25 % de gène du chat léopard d’origine, est un chat domestique.

L’Union professionnelle des vétérinaires ne soutient pas l’inscription du bengal sur la liste positive en ce qui concerne les générations précédant la F5. Le F1, le F2, le F3 ne peuvent pas être sur la liste positive, parce que ce sont encore trop les chats léopards, pas encore assez des chats domestiques. À partir du F5, c’est différent.

Si ce sujet est mis à l’ordre du jour, c’est bien parce que mes services ont découverts des générations F1 et F2 dans nos familles wallonnes.

Lors d’un récent communiqué de presse, j’ai annoncé que les éleveurs et les particuliers détenant ou souhaitant détenir des bengals F1, F2, F3 ou F4, tout comme ceux détenant ou souhaitant détenir des bengals de cinquième génération et non stérilisés doivent disposer d’un agrément « liste positive ». Effectivement, une demande est à introduire pour avoir un agrément comme tout animal qui n’est pas sur la liste positive.

Pour les particuliers détenant ou souhaitant détenir des bengals F5 et stérilisés, et tous les suivants – une dame est venue au cabinet avec un F12, soit un chat, il ne lui reste que 0,5 % de chat léopard – un agrément léger est prévu. Il s’agit d’un enregistrement permettant d’identifier les détenteurs de bengal de manière à leur fournir les informations nécessaires à la bonne détention de ces animaux. Tous les propriétaires de chats bengal F5 et stérilisés sont invités à enregistrer gratuitement leur animal via le formulaire qui sera mis en ligne à partir du 15 février 2016.

Aucun chat bengal, pour autant qu’il soit détenu dans des conditions favorables au bien-être animal, ne sera saisi en Wallonie, contrairement aux rumeurs et informations diffusées ces dernières semaines.

Toutes les personnes concernées sont invitées à solliciter un agrément ou à déclarer gratuitement leur animal afin de se conformer à la législation en vigueur.

J’insiste néanmoins sur la dérive que représente le commerce de ces animaux. Pour être fabriqués, il est nécessaire d’aller chercher des animaux sauvages dans la nature et d’organiser, pour créer les premières générations, des croisements aux résultats incertains – en F1 et F2, il y beaucoup de mortalité, animaux hyperactifs, hyperanxieux, et cetera. Le résultat est esthétiquement très beau, mais j’invite néanmoins chaque détenteur potentiel à réfléchir avant d’alimenter les filières et les trafics que sous-tend ce genre de pratiques commerciales.

Comme le bengal est un chat à la mode, les éleveurs y compris les éleveurs amateurs et improvisés apparaissent, certains « éleveurs », et je les mets entre guillemets, vendent des chats de génération élevée comme des F1 et des F2, c’est irresponsable. Ces chats n’ont de place que dans les élevages, mais pas dans les ménages, ils génèrent des félins presque sauvages.

Sans doute que par méconnaissance du dossier, un certain nombre de gens ont confondu le bengal et bengal. Je pense que les vrais défenseurs du bien-être animal devraient y réfléchir deux fois plutôt qu’une. Il ne manque pas de chats à adopter, il y a beaucoup d’animaux disponibles dans nos refuges.

M. Destrebecq (MR). – Monsieur le Ministre, je vous remercie d’abord pour ce cours scientifique et génétique, d’une part. D’autre part, vous êtes probablement plus spécialiste que je ne le suis en génétique

J’aurai au moins participé un peu à cela.

J’ai du mal à comprendre. Soyons de bons comptes, je vous entends bien par rapport aux F1, F2, jusqu’au F4 – prudence, protection, bien-être animal. Nous sommes bien d’accord et donc des balises doivent être placées, on est bien d’accord.

Pour le reste, j’ai du mal à comprendre. Cette démarche, aussi simple soit-elle, pourquoi devoir la faire alors que, vous le dites vous-même, à partir du F5, cet animal peut être considéré comme un animal domestique au même titre que d’autres.

Mettons-nous à la place des gens connectés, ce qui ne posera aucun problème. Ensuite, mettons-nous aussi à la place de tous les autres. Je me pose la question de savoir quel est l’intérêt de faire ce genre de démarche, d’autant que, vous le dites vous-même, ils devraient le faire avant le 31mars. Le formulaire sera en ligne à partir du 15 février et il y a une problématique de communication et de démarches, très sincèrement, que je trouve inutiles. Je ne manquerai pas de revenir sur le sujet car on en parlera encore dans les semaines à venir.

Les commentaires sont clos.