Grèves sauvages : le service minimum…au minimum.

Posté le 3 décembre 2013 à 11 h 24 min par odestre Commentaires fermés sur Grèves sauvages : le service minimum…au minimum.

Le droit de grève est fondamentalement une avancée sociale et même démocratique. Nous ne devons évidemment pas oublier l’Histoire ; oublier qu’il fut une époque où la contestation se réprimait par la violence et parfois même dans le sang. Le droit de grève est le fruit d’une lutte courageuse que jamais je ne remettrai en question et qu’il faut saluer.

Toutefois, la situation d’hier n’est plus la situation d’aujourd’hui, loin s’en faut !

Le droit de grève est un droit reconnu, un droit à part entière et désormais, la tendance serait à l’excès inverse.

A entendre certains syndicats moins responsables que d’autres, dès que l’on parle de service minimum ou de privatisation en cas de grève, on porte atteinte à un droit immuable et sacré !

C’est faux et archi faux !

Tout d’abord, le droit de grève est un droit reconnu, certes, mais il ne s’agit pas d’un droit qui prime sur d’autres droits tels que le droit au travail ou le droit à la mobilité. Il y a donc une balance d’intérêts à équilibrer entre d’une part les travailleurs grévistes qui protestent contre tel ou tel élément lié à leurs conditions de travail et d’autre part, les citoyens qui subissent les conséquences d’un conflit auquel ils sont extérieurs.

Je suis pour ma part un fervent défenseur du service minimum, j’ai d’ailleurs déposé une proposition de loi allant en ce sens, car j’estime que nul conflit de travail ne peut justifier une atteinte aux droits constitutionnels des citoyens.

Un conflit sur un horaire ou sur un salaire ne peut empêcher un citoyen d’aller travailler !

Lorsque les partenaires sociaux ne font pas d’eux-mêmes la balance des intérêts, lorsqu’ils oublient leurs responsabilités, il revient alors au politique de les leur rappeler et de trancher.

Les entreprises, à qui ont été attribuées des missions de service public, se doivent de tout faire pour assumer leurs tâches dans l’intérêt de tous. Sans aller jusqu’à ce qui se fait en Allemagne où les fonctionnaires n’ont pas le droit de grève, j’estime que le service minimum est une réponse adéquate et proportionnée aux grèves.

Quant aux grèves sauvages, le fait que certains syndicats les cautionnent prouve à quel point ils sont rétrogrades et mus par des réflexes d’un autre âge. La grève doit théoriquement être la dernière réponse à un conflit face auquel la concertation sociale demeure stérile. Or bien souvent, on fait grève d’abord et on discute ensuite afin de mettre la pression sur le dialogue social.

L’exemple le plus éclairant en la matière est la grève portant sur l’unification du statut ouvrier-employé alors même que les discussions au sein du groupe des 10 étaient en cours.

Ce constat est d’ailleurs partagé par les citoyens puisqu’il ressort d’un sondage réalisé par la RTBF que seuls 17% des personnes interrogées estiment que les syndicats font de leur mieux pour éviter les grèves.

Les syndicats, en particulier de gauche, jouent un rôle pour le moins trouble dans les conflits sociaux puisque bien souvent, ils soutiennent les grèves sauvages ou, au mieux, ils ne les désavouent pas. Comment dans ces conditions pouvoir encore porter l’étendard de la concertation sociale puisque quasi systématiquement, ils la rompent ou la mettent à mal ?

Comme beaucoup de citoyens, j’en ai assez de cette gréviculture, de cette agressivité lancinante et de ce dogme infondé qui veut que lorsqu’on n’est pas d’accord avec la grève, on est contre les travailleurs. A force d’être seriné, ce discours est entré à tort dans les mentalités.

Je le répète, je ne suis pas contre les grèves, je ne suis pas contre la protestation. En revanche, je suis pour le dialogue et pour un exercice mesuré du droit de grève car nul ne peut abuser de son droit.

Il est un fait certain que des grèves qui touchent les travailleurs et les étudiants, pour des motifs futiles voir répréhensibles (ex : vol dans la caisse de l’entreprise par le travailleur) ne peuvent plus advenir. Il serait donc utile de mettre en place des sanctions qui frapperaient les abus du droit de grève. Pour ce faire, il conviendrait d’avancer notamment sur la question de la personnalité juridique des syndicats qui, jusqu’à présent, échappent à leurs responsabilités et aux poursuites éventuelles du pouvoir judiciaire.

A brève échéance et vu l’accroissement des grèves sauvages, il apparaît de plus en plus nécessaire d’assurer la continuité du service public grâce à l’établissement du service minimum et ce dans l’intérêt de tous les citoyens ; c’est dans cette perspective que j’ai déposé une proposition de loi en la matière.

Dans un sondage de 2012, 61% des sondés estiment que le droit de grève doit être adapté et 73% sont pour un service minimum dans les transports publics. Ces éléments ne font que conforter ma position et celle du Mouvement Réformateur !

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