Fermeture de Duferco : Une enquête s’impose ! 

Posté le 15 février 2017 à 10 h 11 min par odestre Commentaires fermés sur Fermeture de Duferco : Une enquête s’impose ! 

On le sait, fin de l’année 2013 le groupe Duferco éprouvait de grandes difficultés et le soutien de la Sogepa n’a pas suffi à sauver l’entreprise.

On évoquait à l’époque des pertes d’un à trois millions d’euros par mois suivant l’activité en cours. Partant de ces chiffres, il est clair que seule la fermeture semblait s’imposer.

Même si je ne remets pas en cause le déficit structurel de la société, les informations relayées ce jour par le groupe sud presse – si elles sont exactes –  y apportent un éclairage particulier et interpellant.

Tout d’abord, je ne peux que constater que la collusion qui aurait existé entre la direction et les hauts responsables syndicaux aurait grandement porté préjudice aux travailleurs mais aussi aux citoyens.

Alors que quelques-uns auraient pu bénéficier des largesses de la direction, les travailleurs auraient été grugés et n’auraient pas perçu les indemnités qui leur aurait été normalement dues sans la corruption de la délégation syndicale.

Au delà de la problématique strictement pénale, j’ai le sentiment que cela aurait pu être évité si l’exigence de transparence qui est demandée aux citoyens, aux entreprises et aux politiques s’appliquait aussi aux syndicats.

D’autre part, l’entreprise étant sous perfusion financière de la Sogepa, on peut donc en déduire que l’argent qui aurait servi à corrompre certains représentants syndicaux était de l’argent public ; auquel cas il y aurait eu détournement.

Sur le principe – et une fois encore, si les faits sont avérés – l‘attitude de la direction déjà amorale et illégale est proprement scandaleuse.

Par ailleurs, si les faits se vérifient, je m’interroge quant au degré d’implication de la Sogepa. Etait-elle au courant des agissements de la direction ? Si oui, pourquoi n’est-elle pas intervenue ? Y aurait-il eu des accords entre la direction de Duferco et la Sogepa ? Certains membres de la Sogepa auraient-ils perçus des avantages indus ?

Je serais également interloqué si la Sogepa n’était pas au courant de ces manœuvres, car d’une part, elle se doit d’être attentive à l’utilisation de l’argent qu’elle injecte dans les entreprises et d’autre part, elle avait intégré le Conseil d’Administration de Duferco et porte donc à ce titre une responsabilité globale au niveau des agissements de l’entreprise et de la direction.

J’espère donc que la justice se saisira du dossier afin de pouvoir y faire toute la lumière. Si les faits rapportés se vérifient, il faudra que les fautifs soient sanctionnés, que ceux qui ont perçu des sommes mirobolantes les remboursent et que les travailleurs injustement lésés soient indemnisés.

De mon côté, je ne demeurerai pas inactif puisque j’interpellerai le Ministre wallon de l’Economie sur les aspects liés à la Sogepa et au financement public de l’entreprise. On se souviendra d’ailleurs que le financement de Duferco par la Sogepa au travers de la FSIH était déjà suspect puisqu’il ne répondait pas aux dispositions européennes en matière d’aides d’Etat. Début 2016, suite à une enquête initiée en 2013, la Commission européenne avait sommé la Belgique – et donc la Wallonie – de récupérer 210 millions d’euros d’aides illégales.

Malheureusement, la Wallonie n’en récupèrera au mieux que 55 millions, les autres entités de Duferco ayant cessé leurs activités et étant donc insolvables.

Le financement de Duferco et les liens tissés entre direction, syndicats et les pouvoirs publics n’ont malheureusement pas fini de faire couler de l’encre. Je compte donc investiguer dans ce dossier car plus que jamais, la transparence doit être généralisée en particulier dans les structures publiques et parapubliques. C’est pourquoi, j’ai déjà pris contact avec Messieurs Pioggia et Ekinci afin d’entendre l’intégralité de leur témoignage et de disposer d’un maximum d’éléments sur ce dossier.

 

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