Enseignement : stop au nivellement par le bas

Posté le 22 octobre 2013 à 14 h 34 min par odestre Commentaires fermés sur Enseignement : stop au nivellement par le bas

Le saviez vous ?

– En moyenne l’élève francophone a 1 an de retard sur l’élève flamand

– Un quart des élèves de 15 ans n’ont pas acquis les compétences de base en lecture

– 350 000 Wallons sont potentiellement concernés par l’analphabétisme

Depuis que l’olivier est sorti de terre, depuis qu’un ministre écolo, actuellement en charge de l’énergie, a voulu entreprendre des réformes de son cru, l’enseignement n’a cessé de se déliter et ce à tous les niveaux.

Actuellement, le but n’est plus d’inculquer aux enfants, aux jeunes, des matières fondamentales telles que la lecture, l’écriture, le calcul, l’Histoire mais de peaufiner les statistiques en abaissant sans cesse le niveau. Plutôt que d’inciter les jeunes à repousser leurs limites et à leur apprendre le goût du savoir et du travail, on a érigé le nivellement par le bas en principe de base de l’enseignement. L’autorité et le respect de l’enseignant se sont érodés à tel point que le plus beau métier du monde n’attire plus et qu’il existe une réelle pénurie.

L’institution du droit au recours contre une décision du conseil de classe est à cet égard très éclairant. On ne donne rien de moins que la possibilité pour l’élève de remettre en cause la décision de ses professeurs. L’autorité de ces derniers s’en trouve donc considérablement amoindrie.

De même, il faut impérativement abolir la possibilité de s’absenter 30 demi jours sans justification. Je ne vois pas quelle raison valable peut sous-tendre cette mesure qui participe à l’absentéisme scolaire.

Cette déliquescence, le Mouvement Réformateur la refuse !

Nous sommes convaincus que l’enseignement est le point de départ de la relance durable de notre économie car un jeune bien formé est un jeune qui s’insèrera plus facilement et plus rapidement dans le monde professionnel.

Pour atteindre cet objectif, plusieurs éléments sont à mettre en œuvre :

Premièrement, il est nécessaire de rendre la liberté aux écoles et aux enseignants. Ce sont eux qui connaissent leurs élèves et savent quelle est la meilleure méthode à adopter compte tenu d’un contexte qui peut évoluer fortement d’une école à l’autre, d’une classe à l’autre. Les enseignants sont des professionnels, faisons leur confiance !

Par exemple, pourquoi les contraindre à utiliser une méthode déterminée si, suivant leur expérience, l’utilisation d’une autre méthode se révèle plus fructueuse ? L’essentiel n’est il pas qu’in fine, l’enfant sache lire ?

Ce retour à la liberté passe inévitablement par l’abrogation progressive du décret inscription. Ce décret qui a semé la zizanie et le chaos n’est rien d’autre qu’une violation de la liberté pour les familles de choisir l’école de leur choix pour leurs enfants. Cette abrogation devra cependant se faire de manière progressive afin de ne pas causer à nouveaux une désorganisation des écoles qui ont précisément besoin de moins de tracasseries administratives et de plus de stabilité.

La leçon que nous tirons de ces dix années d’olivier, de ces dix années de marasme, est que l’enseignement n’a pas besoin d’un Ministre pour élaborer un projet pédagogique. Le secteur peut très bien y parvenir de manière autonome et avec une connaissance beaucoup plus pointue du terrain. C’est pourquoi le MR propose que le réseau scolaire s’affranchisse de son Ministère et ne soit plus contraint de subir les lubies de ministres qui se succèdent sans se coordonner.

Quant aux filières techniques et professionnelles, il est plus que temps de les revaloriser ! Ces filières doivent constituer un réel choix et un objectif de vie plutôt qu’un choix par défaut. Contrairement à l’image véhiculée, l’enseignement général ne doit pas primer sur le technique ou le professionnel. Ce sont simplement des orientations différentes qui mobilisent des qualités différentes mais certainement pas inférieures. Il existe de nombreux métiers en pénurie précisément parce que ces filières ne comptent pas assez d’élèves. Les remplir constituera donc un vrai défi pour les années à venir ; il faut promouvoir l’intelligence des mains.

Sur le plan de l’enseignement supérieur, je crains que l’interventionnisme politique ne vienne gripper une machine pourtant reconnue internationalement. Je vois par exemple d’un mauvais œil que le seuil de réussite passe de 12/20 à 10/20. Mes craintes se cristallisent également autour de la question du financement. Il apparaît assez nettement que la réforme introduite par le décret redéfinissant le paysage de l’enseignement supérieur, coutera cher et que eu égard au trou budgétaire engendré par la dette du photovoltaïque, la Fédération Wallonie-Bruxelles aura des difficultés de financer ce nouveau système.

En plus du coût, la création de l’académie unique (Ares) porte atteinte à la liberté d’association entre universités et hautes écoles et entrave leur autonomie. En somme, à des fins dites sociales, je crains que l’on applique à l’enseignement supérieur les recettes qui ont mis à mal l’enseignement fondamental et secondaire.

Nous devons cesser de viser l’égalité qui n’est qu’une utopie puisque par essence tous les individus, en ce compris les enfants, les adolescents et les jeunes adultes, sont différents. Notre point de mire doit être l’équité qui précisément permet de tenir compte de ces différences et donc d’améliorer la qualité de l’enseignement.

Le MR a passé les derniers mois à sillonner les écoles de Wallonie et de Bruxelles, à la rencontre des acteurs sur le terrain. Avec ces experts, motivés et positifs, la réflexion a été longuement nourrie. Les priorités qui en ressortent sont claires : renforcer les savoirs de base pour tous les élèves, mettre en place un accompagnement de remédiation individualisé, remanier le CEB pour qu’il soit une observation véritable des apprentissages, maintenir le niveau d’exigence dans le supérieur, créer des bâtiments scolaires (il manquera 1500 places en 2014 !)… bref, répondre aux véritables interrogations des enseignants plutôt que de les assommer à coups de décrets et de circulaires.

Ces objectifs sont primordiaux mais nous avons l’espoir et la volonté d’y parvenir car il en va de l’avenir de nos enfants !

Le sujet vous intéresse ? N’hésitez pas à me contacter, je vous ferai parvenir le document transmis aux écoles de Wallonie et de Bruxelles « Enseignement : bâtir l’avenir ».

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