Energie : un brainstorming enrichissant entre citoyens, spécialistes et politiques

Posté le 30 mai 2013 à 13 h 20 min par odestre Commentaires fermés sur Energie : un brainstorming enrichissant entre citoyens, spécialistes et politiques

Notre mode de vie induit une grande consommation d’énergie, que ce soit d’électricité, de gaz ou d’hydrocarbures. Or les ressources de la planète diminuent ; ce qui induit une hausse importante des prix.

Pour contrer cette flambée, nous avons misé sur le moyen terme en plaidant avec succès pour une libéralisation du marché de l’énergie. Le but était bien évidemment de favoriser la concurrence. Naturellement, il a fallu un peu de temps pour que de nouveaux opérateurs se mettent en place sur le marché et pour qu‘ils gagnent la confiance du consommateur. Force est de constater que les prix de l’énergie sont à la baisse.

Nonobstant, ce point positif ne doit pas être l’arbre qui cache la forêt. Tout n’est pas rose dans notre paysage énergétique.

La sortie du nucléaire est un point crucial qui appelle à certaines interrogations. D’un côté, il y a la question de la sécurité et du vieillissement de nos centrales et de l’autre, il y a celle tout aussi importante de l’approvisionnement et du risque de blackout.

Avons nous tous les outils en main pour parvenir  à sortir du nucléaire dans le temps imparti ? David Clarinval ne manquera pas d’apporter des précisions sur le sujet.

L’Europe a pour ambition de réduire de 20% ses émissions de CO2 d’ici 2020. Dans cette optique l’Union européenne a lancé un programme ambitieux de promotion des énergies renouvelables (SER) avec comme objectif de produire pour l’échéance 2020 un quota de 20 % d’énergie verte.

Là où les choses se corsent, c’est que le Gouvernement Wallon a décidé de se montrer plus ambitieux que ce qui nous est demandé, en atteignant 37,9% d’électricité verte d’ici 2020 …l’ambition est une qualité mais la déraison, une faute.

En parlant de déraison, que dire du dossier éolien ? Par voie d’autorité, le Gouvernement Wallon a fixé une production d’électricité éolienne de 4500 Mwh d’ici 2020. Cela implique la construction d’approximativement 80 éoliennes/an. Dans cette optique, une carte à été dessinée ; une carte à ce point mal conçue qu’elle appelle les plus vives critiques.

Face aux errements de la majorité Olivier, une fronde des bourgmestres s’est levée. Et lorsque je parle des Bourgmestres, je ne veux pas dire uniquement les libéraux mais bien TOUS les Bourgmestres, tous partis confondus.

Et pour cause, on fait fi de l’avis des communes, de l’avis de la population, de l’impact paysager, de la pollution sonore et visuelle. Devant tant d’incompétence, certains bourgmestres ont décidé de ne pas rester passif mais de taxer  les éoliennes en signe de protestation. Nous avons donc d’une part un objectif hors de propos et d’autre part une fracture entre la Région et les communes de par le manque de concertation et donc un coût supplémentaire pour l’énergie éolienne.

L’électricité verte est évidemment positive du point de vue environnemental mais elle reste très aléatoire. La nuit les panneaux solaires ne fonctionnent pas, s’il n’y a pas de vent les éoliennes ne tournent pas, etc. A vouloir nous montrer trop vert, il est à craindre que nous ne dépendions de l’énergie fossile ou nucléaire de nos voisins au moment des pics de consommation.

Si la démarche écologique est compréhensible, je demeure fort critique quant à un objectif qui tient aussi peu compte de la réalité socio-économique et du coût que cela engendrera pour les ménages. Si la part d’énergies vertes (donc d’approvisionnement aléatoire) est à ce point importante avec en parallèle une sortie du nucléaire, le prix de l’énergie repartira à la hausse ; c’est inévitable.

Or la question énergétique comprend un important aspect économique : le prix de l’énergie s’impacte directement sur la compétitivité de nos entreprises. En 2013, c’est devenu un paramètre important dans la gestion d’une entreprise. La politique énergétique initiée par la région wallonne risque de constituer un frein supplémentaire à l’installation et au développement des entreprises.

Pour les ménages aussi la facture énergétique est un élément qui pèse lourd. Au travers de diverses mesures, les pouvoirs publics, tous échelons, confondus ont multiplié les initiatives afin de diminuer la consommation des ces derniers.

Cela a notamment été le cas avec les panneaux photovoltaïques…

On a promis aux Wallons des primes et le rachat des certificats verts à 65 €, prix garanti. Se fiant à cette belle promesse, les citoyens ont investi dans l’énergie photovoltaïque et des entreprises se sont développées d’une manière prodigieuse.

Malheureusement, c’était trop beau pour être vrai, l’addition est tombée et s’est avérée beaucoup plus lourde que prévu. Précisément : 2,8 milliards d’euros.

Résultat des courses : le Gouvernement wallon veut faire marche arrière, annonce une réforme un jour, une autre le lendemain, tout reste confus. Les seuls éléments qui apparaissent clairs, c’est le trou dans le carnet de commandes des entreprises ainsi que l’incompétence du Ministre en charge, que désormais tout le monde critique, en ce compris ses partenaires.

Il n’en demeure pas moins qu’il s’agit du bouleversement des règles en cours de partie ; un procédé inacceptable et décrédibilisant qui porte gravement atteint à la sécurité juridique, à la prévisibilité économique et à la confiance des citoyens en leurs dirigeants.

Conclusion:

Une série de pistes, de réflexions, de mesures ont été développées au cours de son exposé par le député fédéral David Clarinval, dont je partage le point de vue; des mesures qui pourraient être exécutées afin de diminuer le prix de l’énergie, de stabiliser notre approvisionnement et de gérer ce secteur avec sérieux et rigueur. Je vous propose d’en prendre connaissance:

En matière de production

1. Extinction des centrales nucléaires – Faut-il continuer à vouloir la fermeture de ces centrales ?

2. Incorporation des énergie renouvelables  sans excéder l’objectif européen

3. Pas de solution miracle en matière de production énergétique

4. Investir dans des mesures d’économie d’énergie

5. Investir dans la recherche et le développement

En matière de transport et distribution

6. Être plus transparent quant à la feuille d’électricité et éviter d’y inclure des impôts

7. Poursuivre la Libéralisation

8. Investir dans des marchés internationaux pour un marché européen intégré de l’énergie

En matière d’impôts

9. Revoir le soutien éolien offshore

10. Quid de la TVA ?

 

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