Communiqué sur la fermeture de Ford Genk

Posté le 24 octobre 2012 à 12 h 15 min par odestre Commentaires fermés sur Communiqué sur la fermeture de Ford Genk

Olivier DESTREBECQ a pris acte avec regrets et amertume de la fermeture de l’usine Ford à Genk.

« Je pense avant tout aux travailleurs et à leurs familles pour qui l’épreuve est difficile. La fermeture d’une entreprise, quelque soit sa taille, est toujours un drame social. Lorsqu’il s’agit d’une usine de la taille de Ford, on peut réellement parler d’une catastrophe

Je pense qu’il faut être réaliste : dans le contexte de crise que nous connaissons, les grandes entreprises éprouvent de plus en plus de difficultés à rester compétitives. En toute logique, elles se concentrent sur leurs marges bénéficiaires et ont donc égard notamment au coût salarial. Si celui-ci est élevé, alors les risques qui pèsent sur l’entreprise s’en trouvent accrus.

La situation nous pose face à un constat fondamental : nous devons repenser l’industrie en Belgique.

Les coûts salariaux belges font partie des plus élevés au monde. A l’heure de la globalisation et des délocalisations, nous nous devons de tout faire pour diminuer ces coûts sous peine de ne plus être à même de faire face à la concurrence internationale.

A titre exemplatif, dans le secteur de l’automobile, le coût salarial horaire en Belgique est supérieur d’environ 5€ par rapport à l’Allemagne, un pays voisin. Je ne mentionne même pas le coût salarial en Chine ou en Europe de l’Est…

Dans l’état actuel des choses, notre fiscalité est intenable, insupportable. Elle pénalise notre développement économique. Plus que jamais, il faut la déplacer et ne plus la faire reposer sur le seul  travail. Cela permettrait de soulager, les entreprises existantes mais aussi de créer de l’activité».

Au delà de la fiscalité, le député pointe d’autres éléments :

«  Nous devons aussi repenser l’organisation du travail. La période faste est terminée, il faut faire preuve de courage et de modernité. Chacun doit prendre ses responsabilités et consentir à certains efforts. C’est pourquoi j’en appelle les syndicats et les patrons à établir un dialogue constructif dans l’intérêt de l’entreprise et des travailleurs !

Par exemple, je pense qu’il faut généraliser le système mis en place chez Audi Forest. J’entends par là que dans certains secteurs, il faut pouvoir accepter de concentrer ses heures de travail lorsque les commandes affluent, tout en reprenant les heures de repos  ultérieurement. Il ne s’agit donc pas de perdre ses droits mais de les aménager en fonction des intérêts de l’entreprise, donc des travailleurs.

La formation aussi doit être revue. A quoi sert il de faire travailler nos jeunes sur des outils et des machines qui n’existent plus en entreprise ? Si nos jeunes étaient formés correctement, les entreprises n’auraient plus à prendre en charge leur formation et les coûts s’en trouveraient diminués. J’estime qu’il est temps de faire collaborer l’enseignement technique et professionnel avec le secteur privé.

Au delà des solutions spécifiquement nationales, l’UE doit également apporter des réponses car le problème est global. A titre d’exemple la France connait des problèmes similaires avec Peugeot. L’Europe doit donc peser de tout son poids pour réduire la concurrence au sein de ses frontières et faire face, de manière unie, à la concurrence internationale. Pour que l’Europe et tous les pays qui la composent se sortent de cette crise, grandis et plus forts, il faut aborder les défis à un échelon supra étatique ».

Et Olivier DESTREBECQ de conclure : « Pour moi les solutions sont claires : modifier la fiscalité pour alléger les coûts salariaux, moderniser la formation, accroitre la flexibilité du travail et diminuer la concurrence inter étatique au sein de l’Union Européenne.

Si ces solutions sont facilement identifiables, je reconnais que les mettre en pratique est plus ardu. C’est pourquoi j’en appelle à une collaboration efficace entre le politique (régional, national et européen), les partenaires sociaux, les travailleurs et les chefs d’entreprise. Ce n’est qu’en collaborant efficacement que des solutions efficaces et durables peuvent être apportées ».

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