La FGTB conditionne sa participation au dialogue social: Inacceptable pour Olivier Destrebecq

Posté le 29 novembre 2012 à 13 h 07 min par odestre Commentaires fermés sur La FGTB conditionne sa participation au dialogue social: Inacceptable pour Olivier Destrebecq

Olivier DESTREBECQ s’est dit consterné par l’attitude de la FGTB dans le cadre du dialogue social et du futur accord interprofessionnel.

Explications :

« Autant je salue l’attitude constructive de la CGSLB et de la CSC, autant je m’insurge devant l’attitude irresponsable de la FGTB. Lorsque j’entends sa Secrétaire Générale plaider avec force, devant des caméras de télévision, le refus d’intégrer les négociations portant sur le futur accord inter professionnel, je m’interroge. Je m’interroge sur ce type de comportement qui place la protestation avant le dialogue ; je m’interroge sur son manque de responsabilité.

En effet, j’estime irresponsable de fuir le dialogue dans un contexte de crise et de rigueur budgétaire. Qu’Anne Demelenne le veuille ou non, nous avons des obligations européennes à respecter, qui nous obligent à certains efforts et à des décisions difficiles, dont les bénéfices rejailliront dans les mois et les années à venir mais qui sont, il est vrai, difficiles pour beaucoup à très court terme.

C’est donc avec consternation que je prends acte de la décision de la FGTB de conditionner sa participation à l’AIP. Je parle de consternation mais le terme affliction serait plus approprié. Je suis affligé une fois de plus par ce comportement qui ne prend en compte ni l’intérêt des travailleurs dans leur ensemble, ni celui de l’Etat qui est pourtant le garant de la viabilité du pays. Je suis affligé par ce procédé qui consiste à tenter d’imposer ses vues avant même la négociation. Je suis affligé par ce syndicalisme obscurantiste qui refuse toute évolution pour la société.

Notre pays a besoin de réformes, de réformes profondes et le Gouvernement entend les lui apporter. Dans la plus pure tradition belge, le dialogue social gardera une place de choix et l’accord interprofessionnel conserve une importance capitale dans cette perspective. Mais sachant les enjeux, connaissant le contexte, comment reprocher au Gouvernement de baliser les discussions en posant les jalons de notre relance ? Si nous voulons maintenir notre niveau de vie et la qualité de nos services publics, il va falloir faire preuve de lucidité et consentir à certaines évolutions.

En affirmant cela, je ne me montre pas antisocial, que du contraire. Etre antisocial, c’est refuser le progrès, l’évolution du monde ; c’est vivre dans le passé. Dans la crise que nous connaissons, il n’y a que l’immobilisme et le traditionalisme aveugle qui sont antisociaux et qui minent notre futur.

Par ailleurs, je souhaite rappeler à la FGTB qu’en prenant en otage la concertation sociale, elle ne défend rien, ni personne. Je rappelle aussi que si aucun accord ne survient au sein du groupe des 10, alors la main passera au Gouvernement qui se devra de trancher par lui-même.

J’ose croire que la FGTB changera son fusil d’épaule car le dialogue social doit primer. Mais en tout état de cause, une décision interviendra, avec ou sans elle, car il est question de l’avenir de l’économie et de l’avenir des travailleurs.

Plus que jamais, il me semble important de mener un débat de fond afin de faire évoluer le syndicalisme avec son temps. Il est nécessaire de le faire passer d’un mouvement de protestation à un mouvement de contribution à la société ».

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