Mise au Point : Je ne suis pas contre les syndicats, ni contre le droit de grève mais pour le travail !

Posté le 27 mars 2012 à 12 h 17 min par Erica Commentaires fermés sur Mise au Point : Je ne suis pas contre les syndicats, ni contre le droit de grève mais pour le travail !

Communiqué de presse du Député fédéral Olivier DESTREBECQ,  27 mars 2012.

Afin que ses paroles ne soient pas mal comprises, Olivier DESTREBECQ a tenu à réaffirmer ses positions exactes :

« Suite à mon réveil surprise ce mardi matin, dès 6h30 par une délégation commune du PTB et de la FGTB ; action subséquente à mes déclarations au sujet du syndicalisme et du droit de grève, je me permets de faire le point afin qu’il n’y ait pas d’ambiguïté  sur mes positions idéologiques, philosophiques et politiques.

Que ce soit bien clair : Je ne suis pas contre les syndicats, ni contre le droit de grève. Ces deux éléments font partie intégrante du système démocratique.

L’existence des syndicats est une absolue nécessite pour la défense des travailleurs ; mais aussi pour l’équilibre de notre Etat. En effet, en Belgique les syndicats forment le premier contre-pouvoir. Or dans une société moderne, il faut des contre-pouvoirs afin d’assurer un débat contradictoire et un relais des attentes citoyennes vers les pouvoirs publics.

En outre, les syndicats participent à la concertation sociale ; un mécanisme particulièrement bien développé dans notre pays qui forme une des originalités du système belge. Je suis intimement persuadé qu’il faut à tout prix protéger et consolider la concertation car elle permet une régulation douce de la société.  Au cours de mes interpellations, je demande d’ailleurs quasi systématiquement au Ministre concerné d’y recourir. Toutes les interpellations étant publiées sur le site de la Chambre, je vous invite d’ailleurs à vous en assurer.

De même, le droit de grève  est un droit qu’il faut protéger. Il serait aberrant de ne pas permettre aux travailleurs de manifester leur mécontentement s’ils l’estiment nécessaire…nous n’en sommes plus au 19ème siècle. Les travailleurs ont des droits qu’ils doivent faire respecter et c’est très bien ainsi.

Mes critiques portent donc avant tout sur les dérives de ces divers éléments ; et il faudrait être aveugle pour ne pas les constater.

Ainsi, je ne critique pas le droit de grève en lui-même. Ce que je déplore, ce sont les abus commis tels que les piquets de grève bloquants ou les grèves sauvages.

En Belgique, il y a un droit au travail et ce droit au travail doit lui aussi être respecté. Etant un fervent libéral, il est normal que je lutte pour faire respecter ce droit, mais aussi la culture du travail. J’aimerais donc que l’on comprenne que je ne suis pas un anti-grève ou un anti-syndicat, mais un pro-travail.

Je ne peux par exemple pas cautionner qu’une personne soit empêchée de travailler un jour de grève, alors que c’est là son droit le plus strict. Pire, ce travailleur, s’il n’est pas syndiqué, ne percevra pas le moindre euro, alors qu’il en a peut-être besoin. Il s’agit donc pour lui d’une journée de perdue parce que son droit n’est pas respecté. C’est aussi d’une injustice ; une injustice que j’entends combattre.

Concernant les syndicats, comme je le disais je ne suis pas opposé à leur existence. Pas du tout. Mais j’attends d’eux qu’ils agissent avec plus de transparence ; que ce soit dans leur gestion interne ; que ce soit dans leur rôle au sein de la sécurité sociale ou dans leur mode de communication.

Par exemple lors des dernières grèves générales, les responsables syndicaux n’ont pas fermement condamné les piquets de grève bloquants. D’une certaine manière, ces mêmes responsables cautionnent les dérives ; ce qui n’est pas acceptable.

Je pense donc que plusieurs réforment s’imposent sur plusieurs sujets.

Si la concertation sociale qui se tient actuellement au sein de la CNT ne porte pas ses fruits, ce que je ne souhaite pas, alors le législateur devra intervenir afin d’interdire de manière claire les piquets de grève bloquants ; qu’ils soient disposés sur la route ou aux entrées des entreprises.

Afin d’assurer le droit au travail, je considère qu’il est impératif d’instaurer un service minimum au sein des transports en commun. Certains citoyens ne disposent pas de voiture ; ils s’en remettent donc au transport en commun. Si ces derniers sont complètement paralysés, alors de facto, ce citoyen ne peut se rendre au travail et ne peut voir son droit au travail protégé.

Dans la perspective d’une gestion plus saine des syndicats, il m’apparaît clair que les doter de la personnalité juridique s’impose. Je ne vois pas pourquoi les individus, les entreprises, les associations et même les autorités publiques en sont dotés ; et pas les syndicats.

Si je défends la place des syndicats au sein de la concertation et en tant que qu’organisation protégeant  les travailleurs, je ne vois en revanche pas pourquoi ceux-ci sont chargés de verser les allocations de chômage à leurs syndiqués. Il y a là une confusion des genres, puisque les syndicats sont à la fois un contre-pouvoir, mais participent dans le même temps à l’exercice du pouvoir via leur rôle au sein de la sécurité sociale. De plus, je trouve très pernicieux que les syndicats aient un intérêt à ce qu’il y ait du chômage. En effet, certaines personnes ne s’affilient que pour pouvoir bénéficier de leurs allocations de chômage. Moins de chômage signifie alors pour les syndicats le risque d’un moindre taux d’affiliation.

De même, je souhaite poser simplement la question : est-il normal que quelqu’un qui travaille soit taxé mais que l’indemnité de grève qui vient en remplacement du salaire  ne le soit pas ? Je ne le pense pas et j’ai d’ailleurs récolté le soutien de nombreux citoyens en ce sens

Enfin, est-il normal que dans la fonction publique (sous réserve de certaines exceptions), les cotisations syndicales soient déductibles au titre de frais professionnels ? Je suis convaincu que non, car d’une part, ce n’est ni plus ni moins qu’une incitation à la syndicalisation de la part de l’Etat. D’autre part, il ne s’agit pas réellement de frais professionnels. Jusqu’à preuve du contraire, on est libre de se syndiquer ou de ne pas le faire.  Une liberté n’est donc pas une obligation qu’imposerait le fait de travailler et dont résulterait des frais inévitables.

Ce sont là diverses réformes auxquelles je souhaite m’atteler dans les semaines et les mois à venir. Mais je le répète, il ne s’agit absolument pas d’un anti-syndicalisme aussi primaire que ridicule. Je veux simplement corriger certaines dérives et protéger le droit au travail ».

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