CETA : Nul n’est plus sourd que celui qui ne veut pas entendre !

Posté le 10 octobre 2016 à 9 h 03 min par odestre Commentaires fermés sur CETA : Nul n’est plus sourd que celui qui ne veut pas entendre !

A mes yeux, les discussions sur le CETA ne relèvent plus ni du débat socio-économique, ni même du débat idéologique mais bien de la stratégie politicienne.

S’il est une conclusion que je tire de la mission du Parlement au Québec, c’est bien que la majorité wallonne n’est aucunement décidée à faire marche arrière sur le CETA.

Que la majorité PS-CDH fasse fi des avertissements et des arguments de bon sens avancés par le MR, on n’en est pas surpris. On est même plutôt coutumier du fait.

En revanche, que cette même majorité se déplace au Québec et rencontre le Premier Ministre pour faire mine de poser une série de questions sur le CETA et qu’elle ne se soucie pas des réponses pourtant claires, précises et rassurantes qui lui sont apportées, c’est beaucoup plus interpellant.

Cela semble d’ailleurs avoir surpris et inquiété les divers interlocuteurs que nous avons rencontré au cours de notre mission.

A mes yeux, dans ce dossier, la gauche fait preuve d’une mauvaise foi pourtant évidente car j’ai la conviction profonde qu’elle sait pertinemment bien que l’accord CETA ne fragilisera pas notre modèle social et moins encore notre économie ; que du contraire !

Les déclarations de M. Magnette confortent d’ailleurs mon opinion. Selon lui, il serait prêt à accepter un CETA modifié.

Or, le Ministre-Président sait que les discussions sur le CETA ont débuté 8 ans plus tôt. Il sait que la réouverture de nouvelles discussions, accompagné d’un nouveau processus de ratification et donc de nouvelles procédures parlementaires prendraient des années. Il sait donc que c’est totalement utopique et irréaliste.

Le Ministre-Président se dit soumis à d’importantes pressions. Je pense que si le Gouvernement wallon persiste dans son obstination, il peut aussi s’attendre à des sanctions qui auront des conséquences négatives pour notre économie, pour nos exportations, pour nos entreprises et donc pour nos travailleurs.

Je ne serais, par exemple, pas surpris de constater une diminution des exportations belges et en particulier, wallonnes vers le Canada et même à destination d’autres pays européens.

En effet, nous ne devons pas perdre de vue que la Wallonie se profile de plus en plus comme la seule région d’Europe à s’opposer au CETA car beaucoup d’autres pays – comme la France qui a un gouvernement de gauche – veulent le CETA.

Or, notre économie est ouverte. Nous avons donc besoin de stimuler au maximum nos exportations.

En ce sens, la politique extérieure prônée par le Gouvernement wallon est en totale contradiction avec la réalité de terrain et les besoins de notre tissu économique.

Pour moi, cette orientation ne se base donc pas sur les craintes officiellement formulées et pour lesquelles le partenaire canadien a déjà apporté des réponses rassurantes, mais bien sur la recherche identitaire de la Gauche qui semble vouloir concurrencer le PTB à n’importe quel prix.

Aujourd’hui publiée, la déclaration interprétative insiste sur une série d’éléments qui doivent être de nature à rassurer la gauche.

Elle stipule ainsi que « L’Union européenne et ses Etats membres et le Canada continueront  à tout mettre en oeuvre pour légitimer les objectifs de politique publique mis en place par leurs institutions démocratiques, comme la santé publique, les services sociaux, l’enseignement public, la sécurité, l’environnement, la moralité publique et la promotion et la protection de la diversité culturelle. Le CETA veillera également à ne pas baisser le niveau des normes et règlements respectifs portant sur la sécurité alimentaire, la sécurité des produits, la protection du consommateur, la santé, l’environnement ou la protection des travailleurs. Les biens d’importation, les fournisseurs de service et les investisseurs doivent continuer à respecter les exigences intérieures, y compris les règles et réglementations ».

Le MR a insisté à de nombreuses reprises sur cet aspect du CETA mais la majorité est restée sourde à tous nos appels. C’est désormais écrit noir sur blanc…reste à espérer que la gauche wallonne en plus de sa surdité, ne soit pas atteinte de cécité.

Un autre élément d’une importance capitale est rappelé dans la déclaration, à savoir que « Le CETA invite le Canada et l’Union européenne et ses Etats membres à améliorer leurs lois et politique avec pour but de fournir des niveaux élevés de protection du travail. Le CETA stipule qu’ils ne peuvent assouplir leurs lois sur le travail afin d’encourager le commerce ou des investissements attractifs. »…je ne vois personnellement pas comment il serait possible d’apporter plus de garanties quant au caractère protecteur du traité à l’égard des travailleurs et de leurs droits !

Enfin, il me semble simplement logique qu’une institution supra nationale, le tribunal d’investissements, soit créée afin de trancher les futurs litiges qui naitront dans le cadre du CETA. La parité Canada/UE de cette institution permet une véritable égalité entre les parties alors qu’une juridiction nationale conduirait toujours le justiciable à douter de l’équité des décisions rendues. Or, la justice ne doit pas seulement être impartiale sur le fond, elle doit aussi l’être sur la forme et en montrer toutes les apparences.

La déclaration interprétative ne laisse donc pas de place au doute: les prétendus dangers du CETA que la majorité wallonne agite pour effrayer la population et satisfaire son électorat, n’existent pas !

Malheureusement, même si je souhaite me tromper, je suis persuadé que la gauche trouvera de nouveaux prétextes pour justifier sa position…nul n’est plus sourd que celui qui ne veut pas entendre !

Les commentaires sont clos.