CETA: la Wallonie sera le ver dans la pomme de l’Europe

Posté le 21 octobre 2016 à 13 h 53 min par odestre Commentaires fermés sur CETA: la Wallonie sera le ver dans la pomme de l’Europe

Au cours des dernières semaines, le CETA a occupé un vaste pan de l’espace médiatique et pour cause, les enjeux sont capitaux !

Il ne s’agit pas simplement de ratifier un traité économique. C’est aussi de la santé de nos entreprises, de notre crédibilité sur la scène internationale et de notre capacité à aboutir à des accords économiques qu’il est question.

Ne nous leurrons pas, si nous ne signons pas le CETA avec un pays ami, avec lequel nous partageons de nombreux points communs en ce compris la volonté de protéger les travailleurs et l’environnement, nous ne signerons de traité de ce type avec personne d’autres !

Si nous ne prenons pas le train du CETA en marche à cause des pseudos raisons invoquées au Parlement, notre crédibilité en souffrira grandement. Or, si nous ne sommes plus crédibles, nous ne pourrons plus prétendre à signer des accords commerciaux ambitieux au sein même de l’Europe.

A n’en pas douter, si nous ne signons pas, nous devrons en subir les conséquences négatives. Nos exportations s’en ressentiront et donc les entreprises, les emplois, les agriculteurs – pour ne citer qu’eux – seront fragilisés.

J’observe depuis des semaines l’attitude ambiguë de la gauche qui dit à l’Europe et au Canada vouloir aboutir à un accord, être désireux de pouvoir s’engager dans le CETA mais qui gonfle les plumes, diabolise le traité et agite des arguments mensongers au Parlement wallon.

La quasi entièreté des questions de la gauche trouvent une réponse tantôt dans le texte du traité lui-même, tantôt dans la déclaration interprétative.

Oui, comme le souligne le Professeur Behrendt de l’ULG, le Professeur D’Argent de l’UCL, Jean-Claude Juncker de la Commission Européenne, comme nous l’avons dit depuis le début et comme aujourd’hui le Ministre-Président a été obligé de le reconnaitre: la déclaration interprétative a une valeur légale.

Si la déclaration interprétative ne modifie pas le libellé du traité, il en oriente la lecture et donc le sens.

Non, le CETA n’est pas le cheval de Troie du TTIP. D’abord, le Canada est un Etat indépendant des USA, disposant de la pleine souveraineté. Ensuite, le traité exclut explicitement la possibilité pour une entreprise boite aux lettres basée au Canada d’introduire un recours dans le cadre du CETA.

Non, le CETA n’induit pas un recul des normes européennes en matière de sécurité des aliments, des droits des travailleurs et de la protection de l’environnement. Nous le disions depuis le début, le Ministre Président doit aujourd’hui le concéder.

Non il n’y aura pas de tribunal arbitral mais bien une Cour internationale.

Non, les recours devant les juridictions nationales ne seront pas interdites.

Tous ces arguments qui émanent de la gauche sont fallacieux. Sentant le souffle chaud du PTB sur sa nuque, le PS et singulièrement son groupe parlementaire, en est réduit à trouver des prétextes pour justifier son refus de signer le CETA.

On n’en est d’ailleurs pas à une contradiction près ! Ainsi, vendredi dernier, Paul Magnette affirmait vouloir se conformer à la volonté démocratique exprimée par le Parlement. Aujourd’hui, maintenant que l’Europe toute entière lui met la pression et apporte des réponses concrètes aux interrogations factices exprimées par la Gauche, il préfère tenir une conférence de presse, avant même de réunion le Parlement.

On s’étonnera d’ailleurs de constater que seule la Commission des relations internationales a été convoquée et non pas la séance plénière. On se demandera donc si cet affront fait aux députés est dû à l’occupation de la salle plénière par un congrès organisé par le PS et retransmis – partiellement et probablement par erreur – sur le site de la RTBF, ou au manque de courage du Gouvernement qui fuit ses responsabilités.

A l’heure où nous parlons, la Wallonie tient l’Europe et le Canada en otages. Tous les Etats-Membres, dont certains clairement positionnés à la gauche de l’échiquier politique, qui souhaiteraient signer le CETA, retiennent leur souffle. 500 millions de personnes favorables au traité attendent le bon vouloir d’un gouvernement qui en représente 4 millions. Cela ne valait-il pas une séance plénière ?

J’entends d’ailleurs cette gauche affirmer vouloir obtenir des garanties. Mais qu’a t-elle fait concrètement lorsque le traité était en cours de négociations durant le mandat de Premier Ministre d’Elio Di Rupo ? Rien.

A l’inverse, on remarquera qu’à l’arrivée du Gouvernement Canadien de Centre Gauche, une série de modifications progressistes ont été apportées au traité: Preuve de la volonté du Canada de disposer d’un accord protecteur à l’égard des droits socio économiques ; preuve de l’existence de marges de négociations ; preuve de l’inaction ou de l’incapacité de la Gauche francophone belge à peser dans le débat.

 

A mes yeux l’actuel Gouvernement Magnette est donc à l’image de Matamore dans la commedia dell’arte: Il bande les muscles, il arbore des armes dont il ne sait se servir et fait le fanfaron alors qu’en réalité, la peur du PTB le paralyse, le terrorise et l’empêche de prendre les décisions qui s’imposent.

Malheureusement, cette attitude irresponsable portera préjudice aux entreprises, aux demandeurs d’emploi, à nos exportations, à notre crédibilité sur le plan international et à notre économie en général.

Enfin, j’ai la conviction que le refus de la Wallonie de signer le CETA constituera le top départ du confédéralisme car ce serait la preuve par A+B qu’il qu’il existerait de réelles incompatibilités entre les politiques et les intérêts de la Wallonie, de Bruxelles et de la Flandre.

Si nous ne signons pas le CETA, attendons nous donc à un retour de bâton du Canada, de l’Europe et de la Flandre qui saisira la première occasion faire cavalier seul, comme la Wallonie dans ce dossier.

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